MetLife France fait le pari de la diversification de ses activités

le 23/06/2011 L'AGEFI Hebdo

L’assureur, qui vise une croissance de 10 % de son résultat par an, mise en priorité sur la prévoyance et la croissance externe.

Après 40 ans de présence sur le marché français, l’ex-Alico France, qui a longtemps œuvré sous la marque AIG Vie, écrit une nouvelle page de son histoire. Depuis le 1er mars, l’ancienne branche d’assurance vie d’AIG dans l’Hexagone est définitivement passée sous la bannière MetLife, premier assureur vie américain. « Aujourd’hui, nous sommes MetLife », se félicite Joël Farré, son directeur général en France. En soi, l’arrivée de ce nouveau propriétaire n’induit aucune remise en cause des activités de la compagnie, spécialisée en assurance emprunteur et, dans une moindre mesure, en prévoyance. Toutefois, elle est de nature à impulser une nouvelle dynamique, après un passé tumultueux. La feuille de route est claire. « Notre objectif est d’avoir une croissance de notre résultat de 10 % par an », avance Joël Farré. Une gageure pour une compagnie qui a réalisé 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010 (+5 % sur un an) pour un résultat net de l’ordre de 20 millions d’euros.

En quête d’acquisitions

Pour donner corps à son ambition, MetLife France peut compter sur le soutien financier de sa nouvelle maison mère afin d’accélérer une croissance externe bridée par son ancien actionnaire. « Alico avait un modèle qui reposait sur la croissance organique, rappelle son directeur général. A contrario, le modèle de MetLife est plus ouvert aux acquisitions. Notre stratégie en la matière rencontre donc une oreille plus attentive. » Après s’être emparée du comparateur HyperAssur en juin 2010, la compagnie n’exclut donc pas de procéder à d’autres emplettes. « Nous cherchons des sociétés petites et moyennes réalisant entre dix et quelques centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires ou des métiers périphériques dans le courtage, la distribution, les réseaux et les services annexes », précise-t-il.

En attendant de trouver la perle rare, l’assureur va intensifier la diversification de ses activités, en misant en priorité sur la prévoyance et la santé. Une démarche déjà bien entamée avec le lancement, en octobre dernier, d’une offre dédiée aux travailleurs non salariés. « Grâce à cette offre, nous allons revenir sur le marché des TPE et des PME, et nous comptons sur des synergies avec nos offres en assurance emprunteur, annonce Joël Farré. La prévoyance à destination des salariés des multinationales constitue aussi une piste. C’est un marché très concurrentiel et personne ne nous attend en France. Mais au regard de l’expertise du groupe, on estime qu’elle a vocation à s’exporter. » De fait, l’assureur ne manque pas d’ambition sur ces marchés. « Dans cinq ans, nous voulons avoir la même volumétrie d’affaires qu’en assurance emprunteur, qui représente 20 millions d’euros d’affaires nouvelles, indique-t-il. Dès 2011, nous voulons que la prévoyance et la santé équivalent à 10 % de notre activité emprunteur. »

Retour en épargne retraite

Cette diversification constitue une réelle nécessité pour une compagnie qui réalise l’essentiel de ses revenus en assurance emprunteur. Or, « la crise a eu des conséquences sur ce métier en raison de l’effondrement du marché du crédit immobilier, explique Joël Farré. Nous avons donc eu du mal à soutenir notre dynamique de croissance. Avoir un seul marché peut nous rendre vulnérable et l’avantage de la prévoyance, c’est qu’il s’agit de primes renouvelables. »

Dans la même logique, l’assureur a entamé une profonde réflexion sur sa stratégie sur le terrain de l’épargne retraite, un marché délaissé dans les années 90. Il pourrait y faire son retour à travers la commercialisation des variable annuities, une expertise forte chez MetLife aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni. « Aujourd’hui, la question est posée sur le développement de ces produits en Europe, confesse Joël Farré. Toutefois, en France, l’appétit n’est pas encore là. » Pour investir ce marché naissant, MetLife France pourrait soit se lancer avec des réseaux indépendants, soit nouer un partenariat avec une banque. « On regarde ce domaine, confirme Joël Farré. Toutefois, il faut être capable d’atteindre des milliards d’euros en taille critique pour que ces offres génèrent des marges significatives. » Or, l’assureur aura bien besoin de dégager des marges conséquentes pour satisfaire les objectifs imposés par sa nouvelle maison mère.

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