La menace américaine

le 31/03/2011 L'AGEFI Hebdo

L’apparente sérénité des banques françaises est en réalité perturbée par les annonces venues des Etats-Unis. Depuis l’arrivée de PayPal, qui s’est arrogé 15 % des paiements liés au commerce électronique mondial et compte environ 4 millions d’utilisateurs en France, le secteur bancaire est plus attentif aux innovations qui rappellent que l’enjeu principal des nouveaux moyens de paiement est celui du e-commerce. Les grands acteurs du commerce en ligne ou des technologies web cherchent à compléter leur offre par une brique de paiement qu’ils veulent maîtriser parfaitement.

Certains ont déjà pris des positions fortes en matière de paiement, à l’image d’Amazon, agréé comme émetteur de monnaie électronique au Luxembourg. Avec son mode de paiement en un clic, il facilite les achats en ligne et peut proposer à d’autres commerçants d’utiliser son infrastructure. Apple avec iTunes dispose déjà de son propre mode de paiement, notamment sur iPhone. Google est dans la même perspective : après Google Check Out, il pourrait très bien proposer une application de paiement pour Android, son système d’exploitation de téléphone mobile. Facebook a créé fin 2010 une filiale dédiée au paiement. Le réseau social permet déjà l’achat de biens immatériels avec sa monnaie virtuelle, les Crédits Facebook, mais certaines grandes chaînes de magasins physiques proposent à leurs clients d’en acheter avec des chèques cadeaux. En France, La Redoute les offre à ses clients comme cadeaux promotionnels. Commerce de proximité ou en ligne, monnaie réelle ou virtuelle : les deux mondes sont en train de se rejoindre. Aux banques de montrer qu’elles peuvent contribuer à cette transformation.

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