L’avis de... Hélène Heberlein, responsable covered bonds chez Fitch Ratings

« Le marché des 'covered bonds' devrait repartir en 2013 »

le 13/12/2012 L'AGEFI Hebdo

On voit les conditions de financement à long terme des banques européennes se normaliser depuis 2011. Qu’en est-il pour les émissions d’obligations sécurisées (« covered bonds ») ?

Bien qu’on n’ait pas de vision exhaustive en cours d’année, notamment en ce qui concerne les émissions domestiques des pays nordiques, le marché européen des covered bonds a chuté de 34 % à fin novembre (à 171 milliards d’euros de nouvelles émissions contre 260 milliards en 2011, selon Dealogic). Les réductions d’activités bancaires expliquent le phénomène, de même que les opérations de prêts à long terme (LTRO) de la Banque centrale européenne (BCE). Ce marché reste cependant important pour les banques qui souhaitent maintenir la diversité de leurs sources de financement. La demande reste d’ailleurs forte, au point que l’enveloppe du second programme d’achat de

covered bondspar les banques centrales de la zone euro n’a pas été complètement utilisée. Ce marché devrait donc repartir l’année prochaine, aussi grâce à l’apparition de nouveaux entrants. La Belgique vient par exemple d’adopter une loi autorisant enfin l’émission d’obligations sécurisées, appelées pandbrieven.

Les banques européennes n’ont-elles pas utilisé les alternatives qu’elles envisageaient ?

Les « quasi-covered bonds », qui se seraient appuyés sur des portefeuilles de prêts non éligibles aux covered bonds réglementés, comme des prêts aux entreprises ou des crédits à la consommation, ne se sont guère développés. Commerzbank vient cependant de lancer un programme contractuel et adossé à un portefeuille de prêts aux PME. Par ailleurs, les émissions de covered bonds réglementés, conservés au bilan des groupes bancaires émetteurs (et non placés auprès d’investisseurs tiers) afin de les apporter en « collateral » éligible au refinancement BCE, se sont poursuivies, en particulier pour les banques de pays périphériques comme l’Italie ou l’Espagne, qui ont subi la méfiance des investisseurs traditionnels.

Comment évolue la qualité de ces obligations ?

Les programmes de covered bonds que nous notons étaient quasiment tous « AAA » jusqu’en 2009. Nous n’en comptons plus que 80 dans cette catégorie sur 129, avec à l’heure actuelle des titres notés « AA » (14), « A » (16), « BBB » (10), et en catégorie « spéculative » (9) pour les obligations de banques grecques et chypriotes.

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