L’avis de… Davide Corradi, directeur associé chez Boston Consulting Group

« Un marché contrôlé à 70 % par les cinq premiers groupes »

le 03/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi l’Italie attire-t-elle les assureurs français ?

Ses caractéristiques en font un marché stratégiquement intéressant. Tout d’abord, c’est un marché de taille importante qui a généré 120 milliards d’euros de primes en 2009. Ensuite, il présente encore un fort potentiel de croissance à moyen long terme, le taux de pénétration des primes d’assurance en Italie étant encore inférieur par rapport à la moyenne européenne, que ce soit en pourcentage du PIB ou en primes moyenne per capita. C’est donc un marché encore structurellement sous-équipé, mais où les marges sont intéressantes, avec des montants moyens de polices plus élevés que dans les autres pays.

Quelles difficultés présentent l’Italie pour un acteur étranger ?

Il en existe plusieurs pour entrer et opérer sur le marché italien. C’est d’abord un marché concentré où les cinq premiers groupes contrôlent 60 % à 70 % du marché. Il est difficile d’entrer dans ce « club ». Ensuite, les assurés sont fidèles à leur assureur, ce qui rend l’acquisition des clients difficile. Enfin, c’est un marché où les niveaux de coûts sont élevés, avec un marché du travail peu flexible et une distribution traditionnelle forte. Les agents généraux détiennent ainsi 90 % de part de distribution dans les branches dommages.

Comment les assureurs français pourraient-ils tirer leur épingle du jeu ?

Un nouvel acteur pourrait activer différents leviers pour se différencier en se positionnant sur une expérience client nouvelle et sur l’innovation en termes de produits et de services. L’Italie peut aussi bénéficier des expériences d’autres marchés plus avancés en termes d’organisation des ventes et de gestion d’une stratégie multicanal, articulant la relation clients directe ou par téléphone, l’internet sur terminaux fixes ou mobiles, etc. Enfin, les banques italiennes ont encore peu promu l’assurance dommages à travers leur réseau. Un acteur français qui aurait une expérience forte de bancassurance aurait certainement un atout à faire valoir.

A lire aussi