Malakoff Médéric veut être un acteur de la consolidation du secteur

le 05/07/2012 L'AGEFI Hebdo

En lice pour un rapprochement avec Réunica, le groupe paritaire souhaite accélérer son développement sur le terrain de l’assurance individuelle.

Malakoff Médéric veut être un acteur de la consolidation du secteur

Quatre ans après sa création, Malakoff Médéric se lance de nouveau dans la course à la taille. Comme AG2R La Mondiale et Apicil, le groupe paritaire de protection sociale est en lice pour un rapprochement avec son homologue Réunica. Ce dernier lui a transmis, le 27 juin, son cahier des charges auquel il doit répondre le 1

eroctobre. « Nous considérons être un bon candidat pour ce rapprochement, avance Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric. Nous avons beaucoup à leur apporter en santé et en termes d’innovation. Par ailleurs, il existe beaucoup de complémentarité sur le volet retraite complémentaire. »

La compagnie a de sérieux atouts à faire valoir. Malgré la crise, elle a en effet réussi à améliorer sensiblement sa solidité financière. Si son résultat net est en repli sur un an (-17 %), le groupe est parvenu à accroître ses fonds propres - de 3,2 milliards fin 2010 à 3,6 milliards d’euros fin 2011 - tandis que sa marge de solvabilité ressort à 360 %. « Cette marge de solvabilité constitue une garantie pour nos clients et elle nous permet de continuer à être un pôle de regroupement, si nécessaire », précise toutefois Guillaume Sarkozy.

Sans attendre, le groupe n’a pas ménagé ses efforts, depuis sa naissance, pour accélérer sa professionnalisation. « Nous avons ainsi créé une direction des investissements, souligne Guillaume Sarkozy. Nous avons progressé en matière de gestion actif/passif et, surtout, nous avons sécurisé nos actifs. » A cet égard, Malakoff Médéric a fortement réduit son exposition aux actions, ceux-ci pesant 9 % de ses actifs contre 35 % en 2006. De même, le groupe s’est délesté d’une large partie de dettes des pays d’Europe du Sud, représentant désormais 300 millions d’euros, soit 2 % sur un total de 15 milliards d’euros d’actifs. « Notre stratégie est claire : privilégier la sécurité plutôt que le rendement », affirme Guillaume Sarkozy.

26 boutiques en 2012

Des efforts, Malakoff Médéric en a également consenti pour améliorer sa compétitivité. « Nous avons réalisé 20 % de gains de productivité en trois ans, au rythme de 6 % à 7 % par an depuis 2008 », indique-t-il. Des gains qui se sont faits sans restructuration, privilégiant la carte des départs naturels. « Les effectifs ont diminué de 500 personnes depuis 2008 », rappelle Guillaume Sarkozy.

Le groupe n’en néglige pas pour autant son développement. Numéro deux sur le marché de l’assurance collective (santé, prévoyance, épargne retraite), il souhaite aujourd’hui donner un coup d’accélérateur à son activité d’assurance individuelle. Avec 565 millions d’euros fin 2011, elle ne représente en effet que 17,3 % de son chiffre d’affaires courant (3,2 milliards). « Notre objectif est de doubler notre niveau de production entre 2011 et 2016 », avance Guillaume Sarkozy. Pour y parvenir, Malakoff Médéric entend poursuivre le déploiement de ses boutiques dédiées à la santé et à la prévoyance. L’an dernier, le groupe en a ouvert cinq nouveaux, portant leur nombre à quatorze. « Ce réseau devrait compter 26 boutiques à fin 2012 », annonce Guillaume Sarkozy. A plus long terme, le dirigeant se montre plus mesuré. « Nous apprenons un nouveau métier, celui de la distribution multicanal, confie-t-il. Nous avons investi 17 millions d’euros dans ces boutiques. Nous allons faire une évaluation de ce réseau en 2013 pour savoir quelle sera l’étape suivante. »

En revanche, l’incertitude est totale concernant l’avenir des produits d’épargne retraite développés en commun avec CNP Assurances. Dans une lettre datée du 22 juin adressée à Guillaume Sarkozy, le directeur général sortant de CNP, Gilles Benoist, aurait recommandé l’arrêt de ce projet, jugeant les premiers tests peu concluants. « L’expérimentation que nous avons conduite est plutôt bonne mais nous avons toutefois besoin d’une nouvelle approche dans un contexte de taux d’intérêt bas qui pèse sur la rémunération de l’assureur,ne cache pas Guillaume Sarkozy. Nous sommes donc dans une position d’observation sur ce marché, sans être en mesure de prendre une décision définitive. » Les discussions avec la nouvelle direction de CNP Assurances s’annoncent d’ores et déjà particulièrement intenses.

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