Malakoff Médéric reste à l’affût de nouveaux partenaires

le 04/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Le groupe de protection sociale veut nouer des alliances en épargne retraite et salariale. Il se dote aussi d’un pôle mutualiste pouvant accueillir d’autres acteurs.

Malakoff Médéric a digéré son échec dans le dossier Réunica. Candidat à un rapprochement avec son homologue, le groupe de protection sociale a dû se résigner à voir ce dernier unir son destin à celui d’AG2R La Mondiale, sans en éprouver une grande déception. « L’apport de Réunica ne nous aurait pas réellement fait de changer de taille », observe Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric. C'est un fait dans le domaine de l'assurance, mais le groupe aurait doublé de taille en retraite Agirc-Arrco. D'ailleurs, il n’a pas tiré un trait sur la croissance externe et reste à l’affût de toute nouvelle possibilité de rapprochement. « Il y a un besoin drastique de changer de taille pour tous les acteurs, souligne Guillaume Sarkozy. Aujourd’hui, tout le monde parle avec tout le monde mais nous n’avons pas de négociation en cours. » A l’instar de bon nombre d’assureurs de la place, dont Covéa, le cas de La Mutuelle Générale, qui s’est mis en quête d’un partenaire en vue d’un rapprochement, ne laisse toutefois pas le dirigeant insensible. « Ce dossier est intéressant pour Malakoff Médéric », indique-t-il sobrement.

Cinq ans après sa création, Malakoff Médéric dispose d’atouts pour se présenter comme un pôle de regroupement. A l’issue d’un exercice 2012 de bonne facture - son résultat net a ainsi enregistré un bond de 15 % (voir le tableau) -, son ratio combiné est resté stable à 98,5 % reflétant « un bon équilibre de notre activité », selon Guillaume Sarkozy. Mieux, ses fonds propres ont crû de 6 %, à 3,6 milliards d’euros, tandis que sa marge de solvabilité est passée de 360 % à 490 % en l’espace d’un an. Des fondamentaux financiers auxquels Guillaume Sarkozy porte une vigilance accrue. « Nous ne voulons pas dégrader notre ratio combiné ni nos capitaux propres que nous entendons préserver afin de préparer l’avenir », expose le dirigeant. Un avenir qui pourrait passer par de nouveaux partenariats. Après l’échec de sa coentreprise avec CNP Assurances en épargne retraite, Malakoff Médéric ne désespère pas de donner une nouvelle envergure à un métier qui pèse 322 millions d’euros, soit 10 % de ses revenus en assurances de personnes. « Nous voulons être dans ce marché car il y a un continuum de services avec nos activités en santé et prévoyance, explique-t-il. Or nous n’avons pas la taille suffisante. Nous devons donc continuer à envisager une coopération avec un autre acteur. » Une quête de partenariat qui est également à l’ordre du jour en épargne salariale, domaine où le groupe reconnaît manquer de taille critique.

Dans la même logique, le groupe de protection sociale a l’intention de développer un vrai pôle mutualiste en son sein, imitant ainsi une démarche à l’œuvre chez ses concurrents Humanis ou AG2R La Mondiale. De fait, son conseil d’administration et ses assemblées générales viennent de donner leur feu vert à la création d’une Union de groupe mutualiste (UGM). « L’objectif de cette UGM sera de gérer les relations avec des mutuelles qui souhaitent utiliser nos services industriels de gestion du risque, comme notre réseau de soins Kalivia, fait savoir Guillaume Sarkozy, tout en précisant que l’UGM n’entrera pas dans le périmètre de combinaison du groupe. Et nous pourrions, le cas échéant, accueillir d’autres mutuelles. »

La santé en ligne de mire

En attendant de trouver les heureux élus, le groupe entend bien poursuivre ses efforts de développement organique sur le terrain de la santé et de la prévoyance. Avec une priorité : renforcer ses activités en assurances individuelles qui représentent modestement 539 millions d’euros de revenus, soit 16 % de son chiffre d’affaires global. « Nous n’avons pas d’autre choix que de développer l’activité d’assurance individuelle, ne cache pas Guillaume Sarkozy. Mais l’enjeu réside aussi dans le collectif car c’est là que nous pourrons faire l’acquisition de clients en individuels, notamment sur la surcomplémentaire santé. » Afin de se donner les moyens de ses ambitions, Malakoff Médéric finalise le déploiement de boutiques dédiées. « Nous sommes à la fin du processus et nous compterons 26 boutiques fin 2013 », souligne Guillaume Sarkozy. Si le groupe ne compte pas aller plus loin pour l’instant, « nous allons tester le concept de deux petites boutiques avec deux personnes, contre quatre dans nos boutiques existantes, avance-t-il. De même, nous expérimentons deux boutiques mobiles qui vont à la rencontre des entreprises et des particuliers. » Une expérience que Malakoff Médéric va mener pendant deux ans avant d’en tirer les conséquences. L’avenir dira donc si ce pari aurait été suffisant pour gagner de nouvelles parts de marché.

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