La Macif déploie une offre bancaire à tendance consumériste

le 02/06/2011 L'AGEFI Hebdo

L’assureur prend le temps de convertir son réseau à la banque et privilégie la qualité du service pour convaincre ses sociétaires.

Un nouvel assurbanquier arrive ! Pas à pas, la Macif mène son projet de diversification vers la banque avec le déploiement de son offre région par région jusqu’en juin, avant une grande phase de communication nationale à l’automne. L’objectif est de fidéliser ses 5 millions de sociétaires en proposant autant une palette de produits qu’une attitude d’accompagnement et de respect du client, autrement appelée « esprit mutualiste ». L’offre baptisée Bleu Anis, des couleurs de la mutuelle, a été bâtie à partir des attentes exprimées par les sociétaires dont 7.000 ont déjà souscrit l’offre avec un encours moyen plus que satisfaisant, selon l’assureur.

« Pour répondre à l’absence de visibilité sur les tarifs bancaires dont nous font part nos sociétaires, nous avons créé une offre tout compris (retraits, virements, chèque de banque et toutes opérations courantes) à 6,80 euros par mois (81,60 euros par an, NDLR) qui évite toute surprise de facturation, expose Christophe Arrebolle, directeur du pôle épargne et finance du groupe Macif. En outre, nous avons voulu partager la richesse créée par l’activité bancaire avec nos sociétaires en rémunérant les dépôts à vue à 0,75 % dès le premier euro, mais aussi en leur offrant un ‘cash-back’ pouvant atteindre jusqu’à 30 euros par an dès que le porteur dépasse les 150 paiements annuels par carte bancaire. » En plus de ce dispositif donnant-donnant, la Macif développe une approche « préventive » avec des alertes par SMS ou par e-mail en cas de dépassement de seuil et un découvert gratuit jusqu’à 150 euros sur un mois maximum. « Il ne s’agit pas de sanctionner mais au contraire d’accompagner nos sociétaires tout au long de leur vie, souligne Christophe Arrebolle. Nous les connaissons et savons que nous pouvons leur faire confiance. »

Acquérir un savoir-faire

Outre l’offre de banque au quotidien, la Macif continue de proposer des crédits à la consommation, mais aussi des crédits immobiliers grâce à un partenariat avec le Crédit Foncier de France en tant que filiale de BPCE. Le groupe, en vertu d’un accord stratégique, apporte son savoir-faire bancaire à la Socram, établissement financier détenu par plusieurs mutuelles d’assurances dont la Maif. La Socram, qui proposait depuis de longues années notamment des crédits auto aux assurés des mutuelles, est ainsi devenue le prestataire bancaire qui permet à la Macif de déployer sa propre offre. En parallèle, la Macif poursuivra également la commercialisation de ses produits d’épargne et d’assurance-vie, logés dans sa filiale Mutavie.

Avant le déploiement national entamé en septembre 2010, la mutuelle a vérifié l’appétence de ses sociétaires pour une telle offre et son appropriation par les conseillers, lors d’un test auprès de 10 % de ses points d’accueil qui s’est conclu en juin 2010 par un bilan positif. Trois canaux de ventes ont été retenus : les points d’accueil, une plate-forme téléphonique dédiée et le web à partir de 2012. La mutuelle mise sur la proximité de ses conseillers pour lesquels elle a mis en place 20.000 jours/homme de formation. « Nous avons pris le temps de préparer nos conseillers aux outils de vente, aux processus afin d’offrir un service de qualité, et nous n’avons pas fixé d’objectifs à court terme afin d’éviter toute pression », note Christophe Arrebolle. Une plate-forme téléphonique dédiée de cinquante personnes a été créée à Nantes pour accompagner le réseau, accueillir les clients et réaliser des appels sortants de vente.

Pour l’heure, l’accueil des sociétaires bancarisés ou non comme des conseillers est plutôt positif, d’autant qu’une offre bancaire permet à la Macif d’avoir une vision plus large de ses clients et de leur patrimoine, gage d’une meilleure capacité à les fidéliser à long terme. Seul point négatif, la réticence exagérée dont font preuve les banques qui ont vu partir leurs clients. Mais la mutuelle ne se laisse pas décontenancer et espère bien équiper 8 % de ses sociétaires d’ici à cinq ans.

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