La Macif cherche à renforcer ses fonds propres et sa rentabilité technique

le 26/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Malgré les déboires de sa filiale Macifilia, dont l’impact serait de 20 à 30 points sur sa marge de solvabilité, l’assureur table sur des résultats positifs en 2011.

La Macif sort d’une année 2011 particulièrement mouvementée. Malgré un gain d’environ 40.000  nouveaux sociétaires (+0,8 % sur un an) et une progression de près de 3 % des affaires nouvelles en assurances dommages - son cœur de métier historique -, la compagnie peine à redresser sa rentabilité technique. « Notre ratio combiné devrait être légèrement supérieur à 103 %, contre 103,6 % en 2010 », avance Roger Iseli, son directeur général. La faute notamment aux événements naturels de l’automne. « Les inondations dans le Var représentent un coût de 15 à 20 millions d’euros, tandis que la tempête Joachim nous coûtera entre 10 et 15 millions », indique Jean-Marc Raby, directeur général délégué. Malgré un tel contexte, l’assureur mutualiste s’est fixé un double objectif : poursuivre l’amélioration de ses résultats techniques et de sa marge de solvabilité. « Nous visons un ratio combiné entre 100 % et 101 % d’ici quatre à cinq ans », annonce Roger Iseli.

Pour y parvenir, la Macif doit définitivement solder l’épineux dossier Macifilia. Victime de sérieux dérapages en matière de souscription, cette filiale dédiée aux grands risques s’est enfoncée dans le rouge. Après avoir perdu 58,6 millions d’euros en 2010, elle devrait afficher 100 millions de pertes en 2011. « C’est l’ordre de grandeur, confirme Jean-Marc Raby. Ces pertes vont hélas s’imputer sur le résultat du groupe. » Face à un tel sinistre, l’assureur a décidé de mettre une partie de son activité en run-off et de transférer, dès 2012, une large part du portefeuille et ses 250 salariés au sein du groupe. « Tous les accords avec les courtiers grossistes ont été rompus, explique Jean-Marc Raby. Nous sommes maintenant dans une phase de nettoyage du portefeuille des activités arrêtées, notamment le transport public des marchandises, certaines flottes de véhicules et quelques couvertures pour les PME-PMI. Tout devrait être géré en 2013. » Sans mettre le groupe en péril, le dossier Macifilia est loin d’être neutre, avec « un impact de

20 à 30 points sur la marge de solvabilité de la Macif », concède Roger Iseli.

Mesures drastiques au Portugal

La solidité financière du groupe a d’ailleurs nourri l’inquiétude du marché quand la Macif a procédé à une opération de vente/rachat sur sa participation dans Maurel & Prom. Résultat : 95 millions d’euros de plus-values et un renforcement de ses fonds propres en normes françaises. Pas question pourtant d’y voir le signe d’une certaine faiblesse financière. « Avec les résultats de l’exercice, on devrait pouvoir afficher une marge de solvabilité sur fonds propres durs d’environ 200 % au niveau des comptes sociaux, explique Roger Iseli. Au niveau de nos résultats consolidés, la marge de solvabilité, qui était de 121 % fin 2010 sur nos fonds propres durs, avec 1,7 à

1,8 milliard d’euros, devrait être en amélioration à fin 2011. » La Macif a d’ailleurs réédité le même genre d’opération sur ses titres souverains grecs. « Nous avons fait un vendu/acheté sur nos emprunts grecs, avec une moins-value qui s’est imputée sur la réserve de capitalisation, confie Roger Iseli. Désormais, les emprunts grecs que nous détenons sont en valeur de marché et l’histoire grecque va être neutre dans nos résultats sociaux. »

A l’international, le groupe mutualiste n’a d’ailleurs pas été à la fête. La faute à sa filiale au Portugal qui, en 2010, accusait un déficit de 18,2 millions d’euros. « Nous avons pris des mesures dures dans ce pays, se traduisant par une baisse de notre chiffre d’affaires, relate Roger Iseli, citant des résiliations de contrats déficitaires et des hausses de tarifs de 25 % en moyenne. Entre 2010 et 2011, le déficit courant sera réduit de moitié. » Malgré cette adversité et une perte consolidée de 44,5 millions à fin juin, l’assureur estime pouvoir dégager sur 2011 « un résultat supérieur à 100 millions d’euros en comptes consolidés en normes françaises ». L’application des normes comptables IFRS pourrait cependant être moins flatteuse pour le groupe. Verdict au printemps lors de la publication de ses comptes définitifs.

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