Londres promeut les start-up tournées vers la finance

le 11/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Le programme « FinTech Innovation Lab London » vient d’être créé sous la houlette d’Accenture pour donner leur chance à de nouvelles technologies.

Pour asseoir sa prééminence dans la finance, la capitale britannique se positionne sur les technologies qui se mettent au service de ce secteur. La première édition du « FinTech Innovation Lab London » devrait servir cet objectif puisqu’il s’agit d’un programme visant à identifier des entrepreneurs spécialisés dans les technologies à destination des services financiers et de leur donner l’opportunité de se développer et de commercialiser leurs innovations.

Soutenu par la mairie de Londres, ce projet est né de la collaboration d’Accenture avec plusieurs grands établissements bancaires et des sociétés de capital-risque. Il s’inspire d’un programme similaire fondé à New York en 2010 par le fonds d’investissement de la ville et d’Accenture. « Facilitateur d’accès plutôt qu’accélérateur », selon Samad Masood, responsable de projet auprès d’Accenture, le programme a donné sa chance cette année à sept entreprises sur un total de plus de 60 candidatures. Pendant trois mois, les dirigeants de ces starts-up ont bénéficié d’un accompagnement de la part de dirigeants de banques et d’entrepreneurs qui les ont aidés à perfectionner leurs technologies et leurs stratégies commerciales. Le programme s’est terminé le 20 mars dernier par une présentation des entreprises retenues devant un parterre de fonds et d’investisseurs potentiels rassemblés dans la mairie de Londres.

« Après la crise financière, les établissements financiers ont été contraints de redimensionner leurs portefeuilles d’activités pour réduire les coûts, explique Richard Lumb, directeur général monde des services financiers d’Accenture. Les investissements dans les programmes technologiques et informatiques dédiés au changement des banques ont donc progressé considérablement depuis cette date afin de répondre à ces soucis d’économies. »

De nouveaux impératifs

Les banques s’intéressent aujourd’hui de plus en plus à des techniques relatives au cloud computing, à l’analyse de données, à la détection de crimes financiers ou encore aux technologies supportant la diversité des canaux de distribution. Les entreprises sélectionnées à l’occasion de la première édition de FinTech Innovation à Londres reflètent ces nouveaux impératifs.

Fondée à Dublin en 2009, Waratek a conçu une technologie permettant d’utiliser le langage de programmation Java pour développer des applications basées sur du cloud. « Waratek permet de rendre ce langage de programmation élastique, dosable et adaptable sans aucun changement de code, explique son responsable informatique John Matthew Holt. Cela permet de rendre Java prêt pour le Cloud en réduisant de façon drastique les coûts d’hébergement et les achats de serveurs. »

De son côté, Growth Intelligence propose d’extraire des informations du web qui pourront être ensuite utilisées par des entreprises dans leurs démarches commerciales. « Les entreprises laissent une empreinte numérique sur la toile, explique Tom Gatten, directeur général de Growth Intelligence. Il y a des indices sur leur trafic sur internet, sur leur messagerie ou encore sur leur budget dépensé en infrastructures informatiques et ce sont ces informations que nous nous proposons d’analyser. »

Digital Shadows effectue la démarche inverse. En proposant un service de surveillance de la toile à destination des entreprises, cette société britannique leur offre une vue globale de leur présence numérique, pouvant conduire, le cas échéant, à une suppression de certaines données jugées confidentielles.

De son côté, la société suédoise BehavioSec analyse le comportement unique des clients quand il s’agit de taper sur leurs ordinateurs ou leurs téléphones portables grâce à un logiciel antifraude. « Les codes pin et les mots de passe sont extrêmement peu fiables, explique Neil Costigan, directeur général de BehavioSec. Notre logiciel rajoute une couche de sécurité supplémentaire. »

Ces entreprises, à l’image de Calltrunk, Kiboo et Open Bank Project également sélectionnées, pourront peut-être connaître un jour le succès enregistré par True Office, une société américaine présente à l’édition 2012 du FinTech de New York. Grâce à ses applications ludiques dans le domaine de la formation réglementaire, l’entreprise a noué cette année un accord de distribution et de développement de produits avec Thomson Reuters. Dans l’intervalle, les organisateurs de FinTech, qui souhaitent poursuivre ce programme à Londres et à New York, étudient aussi la possibilité d’exporter ce concept au Brésil et en Chine.

A lire aussi