Laser Cofinoga reconfiguré pour lancer de nouvelles cartes

le 06/09/2012 L'AGEFI Hebdo

L’établissement de crédit à la consommation a opéré un découplage entre ses systèmes de production et de distribution.

Dans un contexte peu favorable au crédit à la consommation, LaSer Cofinoga innove. La carte « Multilignes » permet au client de choisir, au moment de l’achat, de payer en 2, 3, 5 ou 10 fois et la carte à débit immédiat, quant à elle, prélève directement la somme du compte en banque du client.

Les systèmes d’information ont dû évoluer pour intégrer ces nouvelles offres. « Il nous fallait respecter les règles d’entreprise et l’organisation existante, sans gêner les travaux annexes qui étaient menés en même temps dans les systèmes », témoigne Jérôme Coing-Roy, architecte chez Capgemini. En même temps, les produits devaient être compétitifs en termes de prix. « Le coût d’exploitation rapporté au nombre de contrats devait impérativement diminuer », ajoute Jérôme Coing-Roy.

Lancé en octobre 2010, le projet s’était vu affecter un délai incompressible. Le groupe Galeries Lafayette, principal client et actionnaire à 50 % de LaSer Cofinoga, avait fixé au 16 avril 2012 le lancement officiel des nouvelles cartes. L’équipe projet devait impérativement se caler sur cette date butoir. « Pour cela, nous avons fixé avec soin les priorités sur les fonctions à mettre en place, explique Philippe Grassin, responsable du bureau d’études et d’intégration chez LaSer Cofinoga. Le lotissement a été modifié à maintes reprises. Nous avons sorti de la phase de démarrage les fonctions non essentielles. » Le projet, qui a duré 18 mois, a coûté « plus de 3.000 jours-hommes, soit plusieurs millions d’euros », indique Philippe Grassin. Une centaine de personnes se sont déjà approprié le système dans les sites pilotes de Strasbourg et d’Aquitaine. D’ici à fin 2013, il sera déployé dans toutes les régions, servant environ un millier d’utilisateurs.

Massification

La solution adoptée couvre tout le cycle de vie des cartes, de la souscription au service après-vente. Un découplage a été opéré entre les systèmes de production et de distribution. La partie distribution, disponible 24 heures sur 24 afin que les consommateurs puissent se connecter via internet, repose sur des technologies Java et Web Services. La partie production, qui inclut la gestion des comptes, des cartes et des produits d’assurance, a été paramétrée sur le logiciel Tango de Lusis. « Tango est plutôt une boîte à outils qu’un progiciel à proprement parler, estime Philippe Grassin. Le travail de spécification a été important. » Les contraintes réglementaires ayant alourdi les cahiers des charges, l’intégration de l’ensemble s’est avérée plus complexe, donc plus chère, qu’attendu. Autre difficulté, le choix de décliner le système d'information en autant de sous-systèmes que de familles de produits (crédit amortissable, crédit récurrent, cartes…), décision qui remonte à 2003 et qui visait à utiliser le meilleur logiciel dans chaque catégorie, pèse aujourd’hui sur la rentabilité. « En fonction des parts de marché sur ces différentes offres, les volumes sont parfois assez faibles, donc les coûts fixes élevés », admet Philippe Grassin. LaSer Cofinoga est en train de revenir sur ce choix, et réfléchit à une démarche de massification des produits. 

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