Le lancement d’UniCredit sapé en Libye

le 26/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Il y a moins d’un an, UniCredit obtenait le feu vert pour ouvrir une filiale en Libye, sous forme d’une banque mixte avec la participation d’actionnaires locaux. C’était le premier établissement étranger à obtenir une telle autorisation depuis la cession en 2007 de 19 % de Sahara Bank à BNP Paribas et de l’acquisition en 2008 de 19 % de la banque Al-Wahda Bank par la jordanienne Arab Bank. Les principaux partenaires commerciaux de la Libye à l’époque (l’Italie, l’Allemagne et la Turquie) étant des pays clés pour UniCredit, le groupe ne s’est pas trop inquiété de la réputation sulfureuse du numéro un libyen Mouammar Kadhafi. Il prévoyait d’être opérationnel « d’ici à quelques mois », disait-il en septembre 2010. L’insurrection anti-Kadhafi a mis fin à ses ambitions. « Nous n’avons même pas eu le temps de faire partir le projet », confie une source au sein du groupe. Sans filiale ni aucune activité commerciale sur place, UniCredit n’a donc subi aucun impact direct lié au soulèvement libyen. Si ce n’est qu’à la demande de l’Union européenne, elle a été contrainte de geler les droits de vote et les dividendes de ses actionnaires libyens, le fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA) et la Banque centrale de Libye, qui détiennent respectivement 2,59 % et 4,99 % de son capital. En fait, depuis qu’il a racheté en 1999 la polonaise Bank Pekao et en 2005 l’allemande HVB, UniCredit s’est surtout focalisé sur les marchés d’Europe de l’Est, qui représentent aujourd’hui 25 % de ses revenus et où il réalise 15 % de ses financements aux entreprises et aux particuliers.

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