L’usage de la liquidité BCE varie selon les banques

le 22/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Dotées d’un taux de 1 % et assorties de sûretés (« collateral »), les facilités de la Banque centrale européenne n’offrent pas le même attrait pour tous les établissements bancaires. Alors que les banques espagnoles ou les italiennes en retirent un gain immédiat, utilisant les fonds prêtés pour acheter des dettes de leur Etat servant une rémunération de 3 % à 4 % supérieure, les plus solides utilisent plutôt les fonds pour se constituer un matelas de sécurité en cas de nouveaux troubles. Elles évitent tout risque de transformation sur ces fonds à court terme, dont le prix est indexé sur le taux de la BCE, d’où les 800 milliards de dépôts replacés chaque jour auprès de la banque centrale. « Pour les banques les plus solides, l’utilisation du LTRO (opération de refinancement à long terme, NDLR)semble se faire sur une base opportuniste, indique Thibault Douard. Ainsi, avec les fonds de la BCE, BPCE a remboursé par anticipation des obligations ‘senior unsecured’ venant à échéance en 2012 et 2013, économisant ainsi 2 % à 3 % de marge et allongeant au passage la maturité de sa dette ».

Ainsi, la formule opère un transfert de richesse entre les banques européennes. Toutes bénéficient d’un meilleur contexte macroéconomique. « Ces opérations ont à la fois calmé la guerre des dépôts et rassuré les marchés, les banques n’ayant plus à surpayer leurs emprunts, rapporte Romain Burnand, dirigeant de Moneta Asset Management.Résultat, les perspectives de financement de l’économie sont devenues plus favorables, si bien que la solvabilité des banques s’en trouve aussi améliorée. »

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