L’universalité ajustable

le 16/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Pour les quelques entreprises qui ont choisi de mener de front la migration Etebac et le passage au Sepa (Espace unique de paiement en euros), le parcours s’est révélé parsemé d’embûches. « L’utilisation du langage XML, qui était censé être une norme universelle d’échange, a donné lieu à des interprétations multiples de la part des banques, souligne Laurent Gigout, responsable commercial de Box & Automation Solution, éditeur de logiciels de communication bancaire. Certaines banques considéraient des balises théoriquement optionnelles comme obligatoires, d’autres refusaient d’intégrer des balises pourtant obligatoires. Les services additionnels sont également très hétérogènes : des établissements fournissent des accusés de réception du fichier d’instructions, d’autres le font uniquement pour la signature électronique. Finalement, les entreprises qui ont fait l’effort de se préparer aux formats Sepa se sont trouvées face à des banques qui n’étaient pas prêtes. » Parmi les précurseurs, Promod a commencé à émettre les fichiers Sepa en XML dès 2009 : « Les banques ont soulevé de nombreux points de détail sur le format de fichier, raconte Patrice Leclercq, trésorier de Promod. Malheureusement, nous nous sommes aperçus que le fichier XML était loin d’être tout à fait homogène au sein des différents pays, voire au sein des différentes banques d’un même pays. Nous avons pu constater que le doux rêve d’un format de fichier unique était loin d’avoir abouti. Lors de nos premières émissions de fichier XML, nous avons été confrontés à un niveau de rejets bancaires plus élevé que sous les anciens formats, certaines banques n’ayant pas encore adhéré à la chambre de compensation Core (prête à compenser les virements Sepa). Il a fallu surmonter de multiples obstacles techniques avant de parvenir à communiquer de façon fluide. Nous sommes encore loin de l’Europe, zone de paiement unifiée ! »

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