Entretien avec... Jacques Bagge, directeur du département Agence chez Jones Lang LaSalle

« L’immobilier n’est pas qu’une variable d’ajustement »

le 09/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Les banques françaises ont lancé des projets de déménagement en région parisienne, au cours des dernières années. Pourquoi ?

Chacune a sa propre logique immobilière. Chez Crédit Agricole, il s’agissait de rassembler les équipes en un même lieu, à Montrouge. Chez Société Générale, le raisonnement est vraiment économique. L’objectif était de réduire les effectifs à La Défense, où le loyer s’élève à 500 euros le m², en développant un autre pôle, le long du RER A, à Val de Fontenay, où le loyer interne est de l’ordre de 240 euros le m². Chez BNP Paribas, le développement s’est fait plus en étoile autour de Paris, au gré des terrains identifiés par la structure de promotion immobilière de la banque qui mène les projets en interne. Cependant, pour toutes, le déménagement rime avec la recherche d’économies. Economies de loyer d’abord, en sortant de Paris intra-muros ou en allant en plus lointaine banlieue. Il s’agit aussi de réaliser des économies d’échelle en regroupant des salariés dans un même lieu, et des économies d’énergie, en bâtissant des bâtiments modernes, moins consommateurs d’énergie.

Comment vont évoluer ces projets avec la crise ?

Le problème dans l’immobilier est qu’il y a toujours un décalage de trois à cinq ans entre la conception d’un projet et son aboutissement. Ce décalage peut sembler particulièrement long quand les entreprises doivent faire face, comme actuellement, à un manque de visibilité économique. Tous les secteurs sont confrontés à cela. L’immobilier devient alors une variable d’ajustement. Il faut savoir gérer ce décalage en revoyant les projets, en vendant des immeubles, ou en les remplissant avec d’autres équipes que celles prévues, en provenance de filiales ou d’autres sociétés par exemple.

Jusqu’où l’immobilier peut-il permettre de réaliser des économies ?

Notre credo est que les collaborateurs d’une entreprise sont plus productifs s’ils travaillent dans un immeuble de bonne qualité ou si un soin particulier a été apporté à leur bien-être. Si l’entreprise déménage trop loin, et qu’ils perdent trop de temps dans les transports, cela risque de peser sur leur productivité, sur l’image de l’entreprise, sur sa capacité à attirer des talents. Il ne faut donc pas regarder que le loyer. L’immobilier n’est pas qu’une variable d’ajustement des dépenses, mais aussi un moyen de dynamiser la performance.

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