L'avis de... Olivier Kaeppelin, senior manager chez Accenture

« L’heure est à la réduction des coûts et au recentrage »

le 17/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment évolue le marché du crédit-bail depuis la crise ?

Ce marché est très corrélé à l’investissement des entreprises, même s’il a moins souffert que le crédit traditionnel. La production de crédit-bail mobilier a chuté de près de 25 % en 2009, pour ensuite regagner près de 4 % en 2010, puis 12 % l’an dernier. On reste toutefois en deçà du record de production de 2008. Dans le crédit-bail immobilier, la correction a été moins sévère et malgré une année 2011 mitigée, les engagements restent à des niveaux très élevés. Dans l’ensemble, depuis trois ans, les acteurs ont rationalisé leurs activités, comme l’ont illustré plusieurs rapprochements depuis 2009. Les activités de crédit-bail coûtent cher en fonds propres et en liquidité, et les groupes bancaires ont diminué leurs engagements dans ce domaine pour contenter les exigences de Bâle III.

Comment cela se répercute-t-il sur les projets informatiques ?

De 2005 à 2008, les sociétés de leasing européennes ont mené de grands projets de développement, notamment à l’international. Depuis, le contexte a changé : l’heure est à la réduction des coûts et au recentrage. Des solutions de type SaaS (Software as a Service, NDLR) émergent, notamment en Europe du Nord. On relève aussi des projets dans le domaine de la distribution et du commissionnement des réseaux bancaires. Les sociétés optent souvent pour des interfaces extranet, intégrées à leurs postes de travail. Grâce à ces solutions, les commissions des apporteurs d’affaires sont calculées à un niveau plus fin, vendeur par vendeur, et les simulations prennent en compte le mix associé à chaque produit.

Les modifications comptables à venir auront-elles un impact significatif sur les systèmes informatiques ?

La norme comptable IAS 17, qui porte sur les contrats de location, doit être révisée prochainement. Pour mieux traduire la réalité économique de la location, les contrats (liés à des biens mobiliers ou immobiliers) devront figurer au bilan de l’entreprise locataire. En conséquence, les entreprises pourraient demander à réduire la durée des baux, voire opter pour des acquisitions pures et simples. C’est pourquoi cette proposition a provoqué des levées de boucliers et a été reportée plusieurs fois. Lorsqu’elle sera effective, les groupes équipés de progiciels de gestion locative pourront adopter des mises à jour. En revanche, les acteurs de plus petite taille, qui gèrent leurs contrats sur des outils bureautiques, rencontreront plus de difficultés pour suivre leurs contrats de location de façon centralisée et simuler les impacts de cette nouvelle norme sur leurs états financiers.

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