Entretien avec…Delphine Cavalier, analyste banques chez BNP Paribas

« L’exposition au risque souverain reste un problème fondamental »

le 22/03/2012 L'AGEFI Hebdo

L’amélioration de la liquidité des banques est-elle durable ?

Le LTRO (opération de refinancement à long terme, NDLR) constitue une solution de court terme, mais la sortie de crise des banques dépendra in finede la confiance qu’elles vont inspirer au marché. Pour l’instant, hors financement Eurosystème, les marchés obligataires semblent se débloquer mais les émissions devraient rester limitées. Les besoins de refinancement pour 2012 sont globalement couverts. Un des problèmes fondamentaux reste celui de l’exposition des banques à leur risque souverain national, qui est la plus marquée pour les banques des pays périphériques. En détenir beaucoup peut nuire à leur capacité d’appel au marché et pèse sur leurs ratios de capital.

Quelles sont les banques en risque ?

D’ici à juin 2012, certaines banques testées par l’Autorité bancaire européenne (EBA) en octobre devront respecter un ratio de capitaux propres durs de 9 % incluant un buffer (« coussin », NDLR) temporaire pour les portefeuilles souverains, décotés à leur valeur de marché. Ce buffer génère un besoin de capital supplémentaire très important pour les banques italiennes et espagnoles. Pour augmenter leurs fonds propres, certaines banques italiennes vont notamment adopter des modèles de calcul interne de capital pour remplacer la méthode standard, convertir des titres hybrides ou mettre en réserve leurs profits, quand il y en a. Certains établissements de taille intermédiaire ou plus petits en Italie ou en Espagne pourraient malgré tout se trouver en difficulté.

A lire aussi