L'avis de... José Ignacio Atance, manager senior du cabinet de conseil Cumbria

« L’énorme demande du secteur public espagnol freine l’accès du privé au crédit »

le 08/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle est votre analyse des derniers résultats trimestriels ?

Il y a deux choses à remarquer. Tout d’abord l’importance de l’impact des nouvelles provisions exigées par les deux décrets de Luis de Guindos (ministre espagnol de l’Economie et de la Compétitivité, NDLR). Ensuite, l’adaptation du calendrier de provisionnement par les établissements à leur stratégie. Banco Popular a ainsi choisi de reporter ses provisions à la fin de l’année, en raison de son augmentation de capital. Bankia a choisi l’option contraire. En affichant le plus de pertes possible, elle justifie son besoin de capitaux - nécessaires à son assainissement.

Quelle sera la prochaine étape de l’assainissement ?

Assainir davantage Bankia ou d’autres banques, mais cela ne veut pas dire faire plus de provisions. Il faut nettoyer les bilans afin d’obtenir un portefeuille de crédits sains après les transferts à la bad bank (structure de défaisance, NDLR). Si le calendrier est respecté, on aura à la fin de 2013 une banque plus petite, mais plus saine. Ce sera le retour à la normalité.

Le crédit recommencera-t-il à circuler dans l’économie ?

Les banques qui seront assainies ne prêteront pas encore aux familles et aux entreprises en 2013, car leur solvabilité moyenne a considérablement chuté. Et elles sont désormais plus intéressées à prêter de l’argent à l’Etat pour financer la dette publique qui leur rapporte plus. L’énorme demande du secteur public freine l’accès du privé au crédit. Lorsque les besoins de financement du gouvernement espagnol se réduiront et que l’on commencera à créer des emplois, le crédit aux particuliers reprendra.

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