L’e-commerce stimule l’innovation dans les paiements

le 22/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Si les internautes achètent de plus en plus sur internet, ils sont aussi très demandeurs des solutions qui évitent de diffuser leurs données de carte bancaire.

Au premier semestre 2011, l’e-commerce a dépassé les 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une croissance de 20 % par rapport aux six premiers mois de 2010, selon la Fevad (Fédération de la vente à distance). Si encore 90 % des paiements sont réalisés par carte bancaire, de nouveaux moyens de paiement émergent.

Buyster, le dernier-né lancé en même temps que le salon de l’e-commerce, le 13 septembre dernier, est issu de l’association des trois opérateurs mobiles et d’Atos. Il permet de payer sur le web fixe en donnant son numéro de mobile et un code secret à six chiffres, ainsi qu’un code dynamique envoyé sur le téléphone mobile afin d’authentifier l’acheteur. Sur téléphone mobile, il suffit de taper le code confidentiel à six chiffres, le téléphone étant un élément d’authentification du porteur. Une trentaine d’e-commerçants, dont Rueducommerce.com ou Brandalley, l’accepteront sous peu. Outre une communication claire et la gratuité pour les internautes, qui devraient stimuler son adoption, Buyster a reçu un « eCommerce Award » dans la catégorie sécurité. Un bon point pour démarrer.

Banques contre opérateurs télécoms

En juin, Kwixo du groupe Crédit Agricole était lancé à grands renforts de publicité : présenté comme le PayPal à la française, Kwixo permet de payer avec son adresse e-mail ou son numéro de portable plus un code secret. En trois mois, 75.000 personnes se sont inscrites et l’utilisent pour acheter auprès des 600 commerçants qui l’acceptent. Si le volume et le montant global des transactions sont confidentiels, le panier moyen atteint 260 euros, près de trois fois celui calculé par la Fevad. De nouvelles vagues de publicité devraient encore améliorer sa notoriété en même temps que le réseau d’acceptation s’accroît.

Au Crédit Mutuel Arkéa, le dispositif Pay2you, né en 2009, est relancé depuis début septembre. Dans un premier temps, le service était réservé aux clients de la banque et accessible sur l’interface de banque en ligne. Puis il a été ouvert à tous pour les paiements entre particuliers de compte à compte, mais sans publicité. Il revient aujourd’hui en tant que service inclus dans Bemix, l’offre dédiée aux 12-25 ans, et sous forme d’un porte-monnaie électronique désormais accessible aux mineurs. Un réseau de commerçants accepteurs est en cours de constitution et une campagne de publicité est prévue pour début 2012. Si les échanges restent modestes via Pay2you, le niveau moyen des transactions atteint 46 euros. Le Crédit Mutuel Arkéa, qui considère que ce service pourrait remplacer certains virements, compte rallier un million d’utilisateurs d’ici à trois ans.

A côté de ces systèmes qui nécessitent tout de même de créer un compte et d’y lier ses coordonnées bancaires, les émetteurs de monnaie électronique, eux, misent sur l’anonymat. Réservés aux achats de petits montants, ils sont de plus en plus acceptés par des sites commercialisant des biens d’une valeur supérieure. WeXpay, qui a obtenu son agrément ACP l’an dernier, permet d’acheter des codes avec de l’argent liquide auprès d’un réseau de 10.000 buralistes, pour les dépenser auprès de 258 sites marchands, parmi lesquels Bazaarchic, Ubaldi ou Allopneu. Pas de chiffres pour l’instant, mais le ticket moyen s’établit à 21 euros. Pour sa part, Ticket-Surf, l’autre émetteur de monnaie électronique agréé en France depuis 2005, voit son activité progresser très rapidement. En 2011, le montant des codes et cartes prépayées vendus devrait atteindre 300 millions d’euros, contre 100 millions l’an dernier. Très présent dans l’univers des jeux en ligne, mais pas seulement avec un millier de sites partenaires, Ticket-Surf vient de lancer une carte prépayée rechargeable MasterCard baptisée Ultreia qui devrait lui attirer de nouveaux segments de clients.

Les paiements en ligne se diversifient, au rythme des agréments de l’ACP. Au-delà du fonctionnement technique, leur pérennité repose sur leur capacité à être acceptés par un large réseau de commerçants, ce qui est facilité par l’intégration sur les plates-formes de type Atos, Monext, Paybox ou Ogone. Mais cela dépend aussi de la commission demandée aux marchands. A l’heure actuelle, l’idée généralement répandue chez les e-commerçants est que plus un site accepte de moyens de paiement, plus il augmente ses ventes. Mais il faut aussi bâtir une notoriété et être facile d’usage. Tout dépend alors des capacités de l’entreprise à investir en communication. Les consommateurs, eux, semblent prêts à tester de nouveaux systèmes de paiement, surtout lorsqu’ils achètent depuis leur mobile, ce qui se prête peu à l’usage de la carte bancaire. PayPal, par exemple, estime le volume mondial des paiements sur mobile à 3 milliards de dollars pour 2011, soit un triplement par rapport à l’an dernier.

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