L'avis de... Elisabeth Grandin, directeur institutions financières chez Standard & Poor’s

« L’assurance représente 15 % de notre exigence de fonds propres »

le 19/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Crédit Agricole pourrait céder sa filiale grecque. Quel est l’impact sur votre notation ?

Emporiki est un élément qui rend Crédit Agricole vulnérable à la perception des marchés, et que nous jugeons négatif pour son capital et sa rentabilité. Nous estimons toutefois qu’en cas de sortie, les pertes qui seraient comptabilisées en une fois seraient absorbables par le groupe. Pour nous, le capital du groupe est fongible entre les caisses régionales et le véhicule coté. Ce dernier bénéficierait de la disparition de la charge du risque.

Quelle est votre opinion sur l’évolution du modèle de CACIB, y compris le courtage ?

Nous n’avons pas d’opinion définitive. Le courtage était un pilier de CACIB. Sa vente n’est ni nécessaire ni significativement préjudiciable pour nous. Recentrées sur le financement, les banques françaises ont été rattrapées par la contrainte de liquidité. CACIB, comme d’autres, veut valoriser sa capacité d’analyse du risque corporate et de suivi de projets, misant sur l’intérêt des investisseurs finaux pour des placements domestiques. L’équation a un sens.

Quel est l’avenir des activités françaises du groupe (réseaux et assurances) ?

Le point fort du groupe réside dans sa part de marché : même avec un produit net bancaire stable, la rentabilité des réseaux est bonne. Le « BICRA » (Bank Industry Country Risk Assesment), qui nous permet d’évaluer le risque domestique d’un système bancaire, constitue un socle pour la notation. Cette évaluation reste positive, mais nous surveillons l’évolution de la réglementation française de près. En revanche, le traitement qui pourrait être appliqué aux actifs d’assurance ne changera pas notre notation car nous intégrons depuis longtemps un besoin de fonds propres à ce titre dans notre ratio : environ 15 % de notre exigence pour Crédit Agricole.

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