L’avis de… Laurent Bellefin, directeur associé chez Solucom, et Jean-François Perret, vice-président de Pierre Audoin Consultants

« L’assurance adopte lentement les progiciels »

le 13/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Dans l’enquête* que vous avez réalisée conjointement, quelles sont les principales conditions pour mener à bien de grands projets informatiques ?

La première est la gouvernance et la capacité à faire travailler étroitement ensemble les équipes IT et les métiers et ce dès la définition du projet. Par exemple, le choix du progiciel doit s’appuyer sur le bon compromis entre besoins spécifiques des métiers et simplicité des adaptations à réaliser : un progiciel trop poussé dans ses retranchements, et c’est l’échec quasi assuré. Il faut également compter avec les nombreux intervenants, maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage, intégrateurs qui dialoguent plus ou moins bien, ce qui, sous l’effet de la complexité, peut également mener à l’échec, à moins d’avoir fluidifié les modes de fonctionnement habituels. La seconde condition concerne le pilotage, qui nécessite des moyens dédiés, avec des leaders légitimes à la tête du programme, un découpage en sous-projets indépendants qui doivent être coordonnés selon un rythme adapté. Les équipes de la DSI doivent être impliquées dans la réalisation au moins a minima pour pouvoir ensuite s’approprier l’outil. Troisième condition essentielle : la conduite du changement ne doit pas être négligée. Elle passe par de la formation, de la communication et par des modes de fonctionnement collaboratifs qui laissent de la place et de l’initiative aux managers intermédiaires afin qu’ils soient impliqués et donc moteurs de l’appropriation.

L’assurance va-t-elle adopter massivement des progiciels ?

Le secteur connaît de multiples programmes de transformation dus aux fusions-absorptions, mais aussi aux nouvelles stratégies de mutualisation reposant sur la création de centres de services partagés, et surtout à l’intégration d’une logique orientée client, et non plus seulement produit. Pourtant, les progiciels sont peu utilisés et aucun éditeur ne domine le marché, si ce n’est localement à l’échelle d’un pays. Bien que les assureurs s’y intéressent, les progiciels restent secondaires. Les compagnies préfèrent travailler avec leurs propres équipes sur des développements spécifiques, quitte parfois à créer des progiciels maison ! L’intégration de progiciels progresse, mais elle reste lente et prudente.

*« Réussir les grands projets de transformation », Solucom

A lire aussi