L’Association française d’épargne et de retraite annonce sa révolution

le 23/01/2014 L'AGEFI Hebdo

L'Afer lance des appels d’offres pour diversifier sa gamme et devrait partir à la conquête des jeunes épargnants.

Nous sommes dans un schéma de développement », soutient Gérard Bekerman, président de l’Association française d’épargne et de retraite (Afer) depuis 2007. Alors que l’imbroglio judiciaire qui s’est noué autour de la condamnation pour abus de confiance des deux fondateurs de l’Afer conduit à un nouveau jugement lié à une action en restitution (menée par quelque 55.000 adhérents sur 713.000) des 130 millions d'euros détournés par le biais d'un accord avec le fournisseur des contrats, Abeille Vie devenu Aviva, Gérard Bekerman voudrait tourner la page.

L’assemblée générale du 25 juin dernier a d’ailleurs voté en faveur d’une offre élargie dans les dix-huit mois, au-delà d’Eurocroissance qui permet de mixer fonds euros, unités de compte (UC) et fonds diversifiés dans un même contrat. « Nous préparons en ce moment son lancement, indique Nicolas Schimel, directeur général d’Aviva France. Les adhérents de l’Afer ont le profil adéquat pour Eurocroissance : un horizon de placement long, la conscience d’une baisse durable des taux des fonds euros et l’attachement à une sortie en capital. » Mais ils attendent plus que cela.

« Le conseil d’administration a été mandaté pour une véritable diversification, non pas de la gestion mais des gérants, souligne son président. Il s'agit de trouver des compétences qu'Aviva Investors n'a pas forcément. La finalisation des appels d'offres est en cours et nous serons prêts très prochainement. » Le premier devrait porter sur le capital-investissement, les suivants sur les dettes souveraines ou l’immobilier. Aviva, partenaire de l’Afer depuis trente-huit ans, sera associé au choix des gérants dans une démarche « paritaire ». L’assureur reste en outre propriétaire du stock : 40,1 milliards dans le fonds en euros et 6,7 milliards en UC, et poursuit une démarche d’« innovation », souligne Nicolas Schimel (L’Agefi Hebdo du 12 décembre 2013).

En 2013, l’association a déjà lancé deux nouveaux fonds, Afer Actions Amérique et Afer Marchés émergents, et a permis la souscription d’un contrat à partir de 100 euros : « C’est un pari pour les jeunes et pour l’avenir », relève Gérard Bekerman. Elle devrait aller plus loin en soumettant au vote de la prochaine assemblée générale, en juin 2014, une offre pour les plus jeunes, qualifiée de « révolutionnaire ». Si « l’Afer a l’ambition d’être une référence », rappelle son président qui argue de multiples « interventions auprès des élus et des pouvoirs publics pour préserver les acquis de l’assurance-vie », c’est qu’elle ne l’est plus tant que par le passé.

Décollecte

Certes, ses encours en font un mastodonte mais, avec une population d’adhérents vieillissante (59 ans en moyenne), elle perd du terrain. Malgré la conquête de 20.000 nouveaux porteurs et une collecte brute de 2,04 milliards d’euros en 2013, l’Afer affiche une décollecte en net pour la deuxième année consécutive : 200 millions d’euros – essentiellement liée aux 900 millions de rachats totaux faisant suite à des décès (7.000 en 2013).

La jeunesse des nouveaux adhérents est remarquable : 35 ans en moyenne, mais à mettre en regard avec un taux de parrainage de 48 %. Il est sans doute plus avantageux d’ouvrir un contrat Afer, avec un rendement de 3,36 % (hors prélèvements sociaux) en 2013, à ses enfants ou petits-enfants qu’un livret A à 1,25 %. Toutefois, il ne faudrait pas que l’association affiche une érosion de son taux moyen – d’où la nécessité de faire progresser de nouvelles allocations – ou qu’elle compte trop sur le parrainage. En plus de sa gamme, l’Afer doit aussi diversifier le profil de ses adhérents, tout en gardant son identité, quasiment unique. 

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