L'avis de... Sonia Trabelsi, analyste crédit chez Fitch Ratings

« L’analyse de l’impact du crédit aux entreprises se fera en 2012 et 2013 »

le 19/01/2012 L'AGEFI Hebdo

La Banque Postale (LBP) est-elle assez capitalisée ?

Une injection de 860 millions d’euros de capital a été réalisée par La Poste en septembre 2011. L’évolution des fonds propres de LBP sera lisible lorsque les comptes à fin 2011 auront été publiés. Néanmoins, l’agence n’anticipe pas qu’elle soit négative, car l’impact des expositions aux dettes des pays européens périphériques et leur importance relative par rapport aux fonds propres de la banque sont des éléments intégrés dans la note de viabilité de LBP. Cette note a été relevée de « BBB- » à « BBB » après l’annonce de l’augmentation de capital. Elle reste toutefois inférieure à celle des autres grandes banques françaises.

Vous avez en revanche révisé à « négative » la perspective de la note de défaut émetteur…

Oui, le 20 décembre 2011. Elle était auparavant stable. Cette action a fait suite au changement de perspective de la note de défaut émetteur à long terme de son actionnaire, La Poste, en liaison avec le changement de perspective de la note de défaut émetteur à long terme du souverain français.

Faut-il s’attendre à une montée du coût du risque de LBP ?

L’encours de prêts est peu important à ce jour et le taux de créances douteuses est faible. Lancée fin 2010, l’activité de crédit à la consommation est nouvelle et demeure modeste. Par ailleurs, la taille limitée de ce portefeuille n’impacte pas la situation de liquidité confortable de LBP. Le crédit aux entreprises n’apparaîtra pas dans ses comptes en 2011 vu le démarrage théorique tardif de cette activité. Il faudra attendre 2012 et 2013 pour pouvoir analyser son impact en termes de coût du risque.

A lire aussi