L’avis de… Fabrice Asvazadourian, partner chez Oliver Wyman Financial Services

« L’affacturage a gagné en importance stratégique »

le 20/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Fabrice Asvazadourian, partner chez Oliver Wyman Financial Services

Le resserrement du crédit est-il une aubaine pour l’affacturage ?

Avec Bâle III en perspective, les banques - elles détiennent les trois quarts du marché dans plusieurs pays européens à travers leurs filiales dédiées - vivent avec des contraintes de fonds propres, de taille de bilan et de liquidités. Or l’affacturage est une solution favorable car elle permet d’alléger le besoin en capital par rapport à d’autres solutions de financement court terme. Le vrai problème réside dans les ratios de liquidités de Bâle III, en particulier le ratio à court terme qui pourrait obliger les affactureurs à se doter d’un « buffer » (coussin, NDLR) de liquidité conséquent par rapport à leur total de bilan. Comme les banques réfléchissent à réduire les contraintes de liquidités, cela pourrait amener les affactureurs à lancer des activités de dépôts. Des réflexions sont déjà en cours.

Les tensions sur la liquidité pénalisent-elles déjà cette activité ?

C’est certain qu’il est plus difficile et coûteux de trouver du financement de marché. C’est finalement un métier qui va être pénalisé de manière un peu injuste par des règles de liquidité qui ont été définies pour s’appliquer à tout type d’acteurs bancaires, sans prendre en compte les spécificités de métiers spécialisés. Le pire n’est cependant pas encore certain puisque les règles du ratio de liquidité court terme peuvent évoluer jusqu’à mi-2013 afin que l’affacturage reste une solution efficace pour financer l’économie réelle, tout en améliorant les ratios de fonds propres des banques.

Quel est l’avenir des filiales bancaires dédiées ?

Il va être encore plus au cœur de la banque commerciale qu’auparavant. Les banques devraient concentrer l’affacturage sur les marchés où elles ont des positions fortes ou sur les pays où elles ont des franchises en banque commerciale. C’est ainsi que j’analyse les cessions de filiales, à l’instar de RBS en France et en Allemagne ou de Crédit Agricole au Royaume-Uni. Au-delà de ces ajustements de périmètre, l’affacturage est un métier qui a gagné en importance stratégique avec la crise, qui va continuer à se sophistiquer et fera à l’avenir partie d’une offre à plus forte valeur ajoutée de global transaction banking.

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