Dossier/Voyages d'affaires

L’aérien est placé au cœur des réductions de coûts

le 27/01/2011 L'AGEFI Hebdo

Les sociétés ont modifié leurs pratiques d’achats et plébiscitent les nouvelles offres « low cost ».

Recours à la classe affaires proscrite sur des vols de moins de 6 heures, tarifs négociés avec les transporteurs, achat anticipé de billets à contrainte conseillé… Classiques, ces règles ont participé à la réduction d’environ 20 % du budget de voyages d’Axa France en deux ans (20 millions d’euros en 2010 pour 40.000 déplacements professionnels). « Notre activité est toutefois majoritairement constituée de 'business clients', dans le cadre de sinistres notamment, ce qui impose une disponibilité rapide avec des réservations réalisées à la dernière minute », souligne Jean-Pierre Drioux, travel manager d’Axa France.

Moins cher

L’anticipation est tout autant sollicitée chez Natixis. « Nos collaborateurs ont acquis de bons réflexes et de meilleures pratiques avec une forte diminution des billets réservés à partir de J-6. Néanmoins, même à 30 jours du départ, cela ne suffit pas toujours à obtenir de bons tarifs sur certaines destinations comme l’Asie », considère son travel manager Nicolas François (lire l’entretien). Cette recherche des meilleurs tarifs est facilitée par les outils de réservation en ligne qui affichent simultanément des contre-propositions : vols en connexion, train quand cela est possible et certaines compagnies low cost. On y retrouve surtout Easyjet en France et vers l’Europe ou Openskies, la compagnie 100 % affaires à bas coûts, référencée par les sociétés possédant des activités à New York et Washington. Dans la finance, notamment chez Société Générale, le recours aux low cost est recommandé, mais pas obligatoire.

Une solution de remplacement a vu le jour pour les voyageurs d’affaires : la classe économique supérieure des compagnies régulières. Moins chère que la classe affaires, tout en conservant un relatif confort et quelques services comme l’accès au salon business avant le vol, l’embarquement prioritaire et la livraison rapide des bagages à l’arrivée, elle permet en outre de panacher en réservant ce siège « Eco plus » pour un vol de jour et une place en business pour un retour de nuit. Baptisée « Premium Economy » chez Air France, elle équipe ses appareils long-courriers, mais reste méconnue et est jugée trop peu développée sur les lignes internationales. Dès lors, Groupama ou la Banque de France l’on intégrée à leur politique voyage, tandis que Société Générale, Aviva ou Axa France l’acceptent simplement. La « Premium Economy » est davantage prisée des cabinets d’avocats ou de conseil.

Plus vert

Parallèlement à leur réduction de coûts, plusieurs groupes affichent leurs préoccupations environnementales. « La politique voyages d’Aviva doit permettre de réduire notre empreinte en CO2 et contribuer positivement au bilan carbone réalisé chaque année par le groupe », précise Claire Guillet, directrice de la logistique de l’assureur. « L’aspect écologique est un argument supplémentaire pour inciter nos collaborateurs à privilégier le train à l’aérien pour les déplacements inférieurs à 3 heures », ajoute Viviane Oursaire, responsable des achats voyages chez Groupama. Les solutions alternatives comme la vidéoconférence et la téléprésence ont en outre été largement développées par ces deux assureurs sur leurs principaux sites. Dans certains cas, se déplacer est toutefois incontournable. Ainsi, à l’inverse de la plupart des entreprises, la Banque de France a été confrontée à une hausse de son budget en 2010 du fait des allers-retours vers Francfort, siège de la Banque centrale européenne notamment.

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