Dossier Pôle public de financement

L'accompagnement des entreprises devient un enjeu politique

le 19/04/2012 L'AGEFI Hebdo

L’ouvrage n’est pas simple, mais chacun des candidats à l’élection présidentielle confectionne une nouvelle offre de financement.

Le n’est peut-être pas le thème le plus mobilisateur, mais il est apparu en filigrane tout au long de la campagne présidentielle: le rôle du secteur public dans le financement des entreprises. «Accroître notre mobilisation au service de l’investissement dans les PME et les ETI françaises», c’est un des objectifs annoncés le 5 avril par Antoine Grosset-Grainville pour la Caisse des dépôts (CDC) dont il est directeur général par intérim. «Le groupe Caisse des dépôts est devenu un acteur central pour le financement des entreprises françaises, des premiers stades de leur développement (capital-risque) jusqu’à leur accompagnement sur les marchés mondiaux.» Si la CDC peut revendiquer un rôle pivot dans le système public de financement des entreprises, la cartographie des structures qui interviennent en fonds propres ou en prêts, dont La Banque Postale, est difficile à dresser.

Le candidat socialiste François Hollande propose de regrouper «la filiale entreprises de la CDC, Oséo, le Fond stratégique d’investissement (FSI), des structures régionales de capital-investissement, des dispositifs d’accompagnement des entreprises de La Banque Postale et de la Banque de France», indique-t-il dans son programme, en une seule «banque publique d’investissement». Une structure faîtière, codeténue par l’Etat et la CDC, sur le modèle du FSI né dans la tempête financière de 2008 à la demande du président de la République Nicolas Sarkozy, coifferait deux branches intégrant les compétences existantes: l’une pour les crédits, l’autre pour les fonds propres. Cette dernière serait abondée par les crédits non utilisés du Grand emprunt, que le PS estime à au moins 2 milliards d’euros. Les activités de crédits pourraient quant à elles bénéficier du relèvement de 6.000 à 12.000 euros appliqué au plafond du Livret de développement durable (LDD). Rebaptisé Livret d’épargne industrie, il pourrait ainsi collecter 20 à 25 milliards d’euros dans les mois suivant sa mise en place.

Avec ou sans les banques

Donner corps à une banque publique d’investissement, qui prêterait directement aux PME, sans obligation de cofinancement avec d'autres banques, permettrait de «rebâtir une politique industrielle pour la nation», parce qu’«il n’y a pas d’économie forte sans industrie forte; il n’y a pas d’industrie dynamique sans puissance publique active», explique le candidat socialiste. Le constat pourrait être partagé par Nicolas Sarkozy (UMP). Toutefois, le président a privilégié la création d’Oséo Industrie, nouvelle filiale bancaire d’Oséo, qui a obtenu son agrément en mars. Comme Oséo, celle-ci n’intervient qu’aux côtés des banques, mais dispose de capacités d’investissements annuels deux fois plus importantes grâce à l’augmentation du capital de sa maison mère, prévue à hauteur d’un milliard d’euros, en deux tranches équivalentes.

Le 11 avril, Oséo a annoncé une souscription de 538 millions d’euros pour la première de ces tranches: «De nombreux actionnaires, notamment l’ensemble des réseaux bancaires, ont rejoint l’Etat, la Caisse de dépôts et l’AFD (Agence française de développement) qui avaient été les premiers à participer à cette augmentation du capital», précise François Drouin, son PDG. La participation de la CDC se maintient ainsi autour de 27%. La seconde tranche sera libérée en 2013. Les premiers prêts ont déjà été accordés, les sociétés industrielles étant orientées automatiquement vers la nouvelle banque, selon leur code NAF (nomenclature d’activités française). Les demandes provenant d’autres secteurs d’activité sont, elles, prises en charge comme auparavant. Le président Sarkozy a aussi annoncé la transformation du LDD en

Livret de développement industriel durable, en faveur des PME. En outre, les deux candidats à la présidence mettent l’accent sur la proximité, les réseaux existant ayant déjà permis de lancer FSI Régions (à 80% CDC), guichet unique qui a remplacé Avenir Entreprises, avec une enveloppe de 350 millions d’euros

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