L'avis de... Miguel Angel Bernal, professeur d'économie à l'Institut d'études boursières de Madrid (IEB)

« Il y a un risque de contagion à toute l’Europe »

le 31/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment Bankia a-t-elle été nationalisée ?

Le capital de Bankia est détenu par le fonds public d’aide au secteur financier (Frob) qui lui a prêté de l’argent via les obligations convertibles contingentes (Cocos). La participation du Frob a été transformée en actions. De cette façon, la Banque d’Espagne sera désormais aux conseils d’administration de Bankia et de BFA, sa maison mère, qui est nationalisée à 100 %.

Comment en est-on arrivé là ?

Bankia résulte de la fusion de sept caisses d’épargne autour du troisième groupe bancaire du pays, Banco Financiero y de Ahorros (BFA), créé en décembre 2010. Une banque systémique est née. Sa taille devait lui permettre un meilleur accès aux ressources des marchés financiers, mais au rythme de la détérioration de l’économie espagnole, sa situation s’est aggravée. Par ailleurs, BFA a récupéré les actifs toxiques de deux caisses problématiques, Bancaja et CajaMadrid, devenant une bad bank. On voulait éviter que BFA ne contamine Bankia, mais on a vu que c’était impossible. Désormais, la nouvelle norme va obliger la ségrégation de ces actifs dans des sociétés anonymes cotées d’investissement immobilier, les Socimis. Une Socimi est sur le point de naître pour chaque banque.

Y a-t-il risque de contagion ?

Malgré sa taille, Bankia ne peut pas être comparée à BBVA ou Santander car c’est un établissement complètement centré sur l’économie espagnole. Mais les banques sont interconnectées. Si des soupçons pèsent sur un établissement, on commence à douter des autres, y compris BBVA ou Santander. Et si ce mal national traverse les Pyrénées, il y aura un risque de contagion à toute l’Europe.

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