L'avis de... Françoise Palle-Guillabert, déléguée générale de l’Association française des sociétés financières

« Il y a eu des plans sociaux dans le financement spécialisé et ce n’est pas fini »

le 20/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquez-vous le mouvement de retrait des acteurs du financement spécialisé ?

Ils ont fait des choix. Ou plutôt leurs maisons mères, lorsqu’ils appartiennent à de grands groupes bancaires, les y ont incités. Les banques françaises ont dû réduire fortement la taille de leurs bilans et répercuté leurs contraintes de solvabilité et de liquidité sur leurs filiales. Ces sociétés de financement spécialisé ne sont pas menacées dans leur existence mais sont obligées de s’adapter à ce nouvel environnement. Cela peut se traduire dans certains cas par la réduction de leur périmètre d’activité, par des attentes plus fortes en termes de profitabilité, par une révision de l’équilibre de refinancement entre court et long terme.

Quel est l'impact de la législation française sur le crédit à la consommation ?

 

Entre 2007 et 2013, la production a baissé de 22 %. On ne peut pas être dans un secteur où l’activité recule autant sans adapter les charges et les effectifs. Il y a eu des plans sociaux chez chacun des grands acteurs et ce n’est pas fini. La distribution de financements sur le lieu de vente est pénalisée par la nouvelle réglementation applicable aux intermédiaires en opérations de banques et services de paiement. Dès qu’un crédit est associé à l’achat d’un produit, le vendeur devient intermédiaire – à partir d’un certain nombre d’opérations – et doit s’enregistrer. Le mandataire, c’est-à-dire l’établissement prêteur, est alors soumis à des obligations de formation, mais aussi de contrôle. C’est une contrainte très lourde et pas très bien vécue. D’un partenaire commercial, il se transforme en contrôleur. De notre point de vue, c’était aux autorités d’assumer cette charge. Par ailleurs, le secteur a déjà fourni un effort énorme d’adaptation pour répondre aux exigences de la loi Lagarde. Il va probablement devoir continuer avec la loi Hamon.

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