L'avis de... Alfonso García Mora, directeur général de la firme de conseil Analistas Financieros Internacionales (AFI)

« Il reste à présent de nombreux défis »

le 13/01/2011 L'AGEFI Hebdo

Vous attendiez-vous à un tel bouleversement ?

Le processus de restructuration s’est fait plus rapidement que ce qu’on prévoyait encore au printemps dernier. Et il a touché pratiquement toutes les caisses d’épargne : le secteur a diminué d’un tiers en quelques mois à peine. 2010 passera probablement dans l’histoire comme étant l’année de la renaissance du secteur financier espagnol. Bien entendu, il reste à présent de nombreux défis. Il n’est notamment pas aisé de marier toutes ces caisses venant de lieux et de cultures très différents. 2011 sera l’année de la mise en route.

La Banque d’Espagne (BDE) demande au secteur de publier son exposition précise au secteur immobilier. Etait-ce indispensable ?

Le régulateur exige, avec cette consigne, un exercice de transparence très important. Déjà en juillet dernier, la BDE avait réalisé des tests de résistance bien plus importants que ceux lancés par les autres banques centrales. Mais il manquait alors une chose : l’exposition de chacun des établissements. C’est un exercice nécessaire. Non seulement en Espagne, car les doutes autour de sa santé financière sont nombreux, mais aussi dans tous les systèmes financiers. Les crédits aux clients occupent 60 % ou 70 % des bilans des banques, mais celles-ci ne fournissent pas plus de précisions. C’est l’un des points que cette crise devrait modifier : il faut donner en permanence plus d’informations, au moins sectorielles et sur les types de prêts, pas seulement lorsque les marchés sont inquiets.

N’y-a-t-il pas danger pour l’Espagne d’être la seule à se dévoiler ?

Certes, mais l’Espagne ne peut plus reculer. Il lui faut tout montrer, les points forts et les points faibles.

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