L'avis de ... Thierry Cartalas, directeur associé au cabinet de conseil TnP Consultants*

« Il faut être en mesure de produire plus vite »

le 10/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les enjeux du test de logiciel dans le secteur de la banque/assurance ?

Il y a d’abord un enjeu de coût. Au début des années 2000, selon nos propres chiffres en accord avec ceux des grands cabinets d’études, les tests représentaient 17 % de la charge globale d’un projet informatique. Désormais, ce chiffre se situe entre 25 % et 30 %. L’intégration plus poussée des applications au sein du système d’information et la réglementation plus contraignante et changeante expliquent ce renchérissement. De plus, les clients n’acceptent plus le moindre dysfonctionnement, ce qui implique un enjeu de qualité. Enfin, dans un environnement très concurrentiel, il faut être en mesure de produire plus vite et de mettre rapidement sur le marché de nouveaux produits reflétant les innovations marketing et respectant les évolutions fiscales ou réglementaires. L’automatisation des tests de non-régression, par exemple, peut permettre de gagner jusqu’à 30 % sur la facture totale.

Quelle est la maturité du secteur ?

Pour l’automatisation des tests, la banque de détail et l’assurance sont moins avancées que l’industrie en général. Cela évolue mais nécessite de revoir l’organisation du travail avec la mise en place d’une direction des tests, impliquant la DRH qui doit revaloriser ces fonctions en reconnaissant ce métier à part entière, les différentes directions métiers, la direction des systèmes d’information qui doit être organisée pour élaborer très en amont des stratégies de test et uniformiser les méthodes de travail entre maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage et prestataires externes…

Et quid de l’externalisation ?

On ne peut externaliser que ce que l’on maîtrise bien. Il y a déjà beaucoup de gains à faire en interne, stabiliser les processus de test pour en avoir une idée du coût très précise. L’offshore, par exemple, n’est pas forcément une bonne solution. Nous avons remarqué que certains prestataires, disposant de bons robots de tests, pouvaient facturer le triple de la charge de travail, après avoir mal segmenté les tests en raison d’une mauvaise connaissance du métier de la banque ou de l’assurance.

*Spécialiste de la performance en banque/assurance

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