Rencontre avec... Frédéric Visnovsky, secrétaire général adjoint de l’Autorité de contrôle prudentiel

« Il est fondamental qu’une banque assoie sa liquidité sur des actifs diversifiés »

le 18/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Où en sont les discussions du Comité de Bâle sur le « liquidity coverage ratio » (LCR) ?

Le Comité poursuit ses travaux et prévoit de faire des propositions fin 2012 ou début 2013. Les discussions portent pour l’essentiel sur les hypothèses de stress au dénominateur, notamment les retraits des dépôts des entreprises et le renouvellement des financements interbancaires ; et sur les actifs éligibles au numérateur. Actuellement, ces derniers sont essentiellement constitués de titres souverains et de dépôts dans les banques centrales. Or la crise a montré que certains de ces titres n’étaient pas aussi liquides qu’on le pensait. En revanche, d’autres actifs, comme les actions et les obligations d’entreprise, n’ont pas connu de problème de liquidité. Il est fondamental qu’une banque assoie sa liquidité sur des actifs diversifiés.

D’aucuns disent que les banques françaises sont les plus mauvais élèves de la classe européenne. Est-ce vrai ?

Le Comité de Bâle, comme l’Autorité bancaire européenne (ABE), ont décidé de ne pas publier les résultats des études quantitatives d’impact pays par pays pour un ratio dont la définition n’est pas stabilisée. Il faut bien avoir en tête que le LCR correspond à une situation stressée. En France, il n’y a pas de fuite de dépôts, au contraire. Si une banque n’était pas à 100 %, elle pourrait toujours céder des actifs et passer au-dessus. Le délai de mise en œuvre du ratio (2015) le permet. Aujourd’hui, les banques françaises allongent la maturité de leurs financements. Elles ne sont pas une source d’inquiétude. Par ailleurs, les LCR actuels sont affectés par la conjoncture économique et la politique non conventionnelle de la Banque centrale européenne.

Quand les banques européennes seront-elles fixées sur le calibrage des ratios ?

Dans la directive et le règlement proposés mi-2011, il n’y a que des grands principes et des exigences de reporting. L’ABE doit remettre à la Commission européenne ses premiers rapports sur l’impact du LCR mi-2013 et du net stable funding ratio (NSFR) avant fin 2015. L’ABE proposera aussi des standards techniques, notamment pour définir les actifs liquides, mi-2013. Ensuite, la Commission fera des propositions législatives avant fin 2013 pour introduire le LCR et avant fin 2016 pour le NSFR.

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