L’avis de… Thomas Tugendhat, associé au sein du cabinet de conseil Stanwell Consulting

« Il est difficile de trouver de nouvelles sources de réductions de coûts »

le 25/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Quels défis doivent relever les acteurs du crédit à la consommation ?

Ces établissements, souvent des filiales de banques, sont confrontés à deux problèmes : une hausse du coût d’accès à la liquidité et un coût du risque qui augmente. L’environnement actuel contraint donc le modèle économique des acteurs. Ils doivent aussi faire face à un autre problème d’ordre commercial. Une réglementation plus contraignante sur le crédit renouvelable (loi Lagarde en France) les oblige à se recentrer sur le prêt personnel, un produit moins rentable, et ils ne parviennent pas toujours à fidéliser cette clientèle. Pour pallier cette situation, certains acteurs, comme RCI Banque ou Cetelem, se sont lancés dans la collecte d’épargne ou de dépôts, voire l’assurance.

Comment peuvent-ils adapter leur modèle ?

Les stratégies divergent. Toutefois, la plupart des acteurs ont mis en œuvre des plans de réduction de coûts et d’amélioration de leur efficacité opérationnelle : mise en commun de centres d’appels, mutualisation et/ou externalisation des fonctions supports, baisse du budget marketing. En parallèle, ils repensent leur développement commercial. Outre le lancement de nouvelles activités, ils travaillent davantage sur les synergies qu’ils peuvent dégager avec leurs distributeurs, en particulier avec le réseau de banque de détail.

Quels sont les leviers pour réduire les coûts ?

Certains acteurs se sont construits autour d’un modèle industriel, tel Santander, et il est difficile de trouver de nouvelles sources de réductions de coûts. En revanche, ceux qui ont conduit une stratégie de développement agressive paient aujourd’hui le prix de cette croissance à outrance. Ils sont ainsi confrontés à la diversité de leurs modèles et à la multiplication des systèmes d’information, qui représentent entre 15 % et 20 % de leur base de coûts. Ils cherchent donc à sortir de cette logique. Certains ont même décidé de se replier sur leur cœur de métier et de réviser en profondeur leurs activités à l’international.

A lire aussi