Hypo Real Estate entame son processus de démantèlement

le 03/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Après sa filiale spécialisée dans les financements publics Depfa, qui intéresse des hedge funds, le groupe allemand pourrait céder Deutsche Pfandbriefbank.

Tous les grands noms du capital-investissement se seraient penchés sur le dossier. Annoncée le 26 août, la mise en vente de Depfa, la filiale de la banque allemande Hypo Real Estate (HRE), vient d’aboutir à des déclarations d'intérêt formelles. Selon des sources proches du dossier, pas moins de sept candidats se seraient déclarés. Il s’agirait de Lone Star, Apollo, J.C. Flowers, Cerberus, KKR, Blackstone et Third Point. HRE parle d’un nombre d’intéressés « satisfaisant », sans confirmer les noms cités. L’organisation de la vente a été confiée à Citigroup. Les candidats à la mise aux enchères de ce qui fut le numéro un allemand des financements publics disposent maintenant de plusieurs semaines pour passer au crible le bilan de Depfa et déposer par la suite une offre de rachat formelle. A en croire les experts, la transaction ne devrait pas avoir lieu avant le début de l’année prochaine. La Commission européenne a donné jusqu'à fin 2014 à HRE pour se séparer de Depfa, une condition au feu vert de Bruxelles au renflouement de la banque bavaroise par l’Etat allemand à hauteur de 124 milliards d'euros en 2009. Dans un deuxième temps, probablement l’an prochain, HRE prévoit de lancer la privatisation de Deutsche Pfandbriefbank (pbb) où l’Etat allemand a regroupé toutes les activités « saines » de HRE, comprenant essentiellement le financement immobilier. Aux termes de l’accord conclu avec Bruxelles sur les aides accordées aux banques allemandes, pbb doit être cédée au plus tard en décembre 2015.

Malgré le grand intérêt suscité pour Depfa, sa vente est loin d’être assurée. « Vu les problèmes persistants de Dexia, la jumelle française de Depfa, estime un banquier sous couvert d’anonymat, et compte tenu de l’impossibilité pour Commerzbank de trouver un acquéreur pour sa filiale Eurohypo, la vente de Depfa ne sera pas une partie facile, quand bien même tous les grands 'hedge funds' s’y intéressent. » Certains dans les milieux financiers de Francfort ne veulent pas exclure qu’en fin de compte, Depfa subira le même sort que la banque autrichienne Kommunalkredit, le Crédit Local d’Autriche. Egalement convoité par les sociétés d’investissement, cet établissement finira par être démantelé après le retrait du dernier candidat intéressé au rachat, le groupe Apollo. Un pessimisme que le ministère des Finances à Berlin ne partage pas. « Nous sommes confiants dans la capacité de la direction de HRE d’aboutir à une solution satisfaisante », y déclare-t-on.

Epuration

Depuis son effondrement en 2009, Depfa, officiellement domiciliée à Dublin, n’est plus qu’un établissement en veille. Elle a dû cesser toute activité nouvelle et se concentre exclusivement sur l’assainissement et la réduction de son bilan. Profitant de la détente sur les marchés financiers, le volume de ses actifs sous gestion a été divisé par deux, passant de 130 milliards d’euros à fin 2011 à 62 milliards au 30 juin de cette année. Auparavant, la banque avait transféré une grande partie de ses papiers toxiques à la structure de défaisance de sa maison mère HRE. La réduction de bilan de Depfa au cours des dernières années concerne en particulier son portefeuille d’obligations d’Etat, passé de 71 milliards d’euros fin 2011 à 23 milliards au premier semestre 2013. Cette épuration lui a notamment permis de se débarrasser de la totalité de la dette grecque et d'alléger son portefeuille d'autres obligations européennes (voir le graphique). L’écrasante majorité de la dette souveraine est aujourd’hui constituée de papiers allemands et américains, considérés comme les plus sûrs.

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