Humanis multiplie les alliances pour accroître ses activités d’assurances

le 20/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Le groupe de protection sociale rapproche ses activités d’assurance-vie d'Apicil, et sa filiale d’épargne salariale de celle de CNP Assurances.

Humanis accélère sa course à la taille. Ce 13 juin, le groupe de protection sociale a officiellement accueilli au sein de son pôle mutualiste - baptisé Union de groupe mutualiste (UGM) - la Mutuelle de l’Industrie du Pétrole (MIP), un spécialiste de l’assurance santé collective qui pèse plus de 180 millions d’euros de cotisations. Une arrivée qui permet de compenser le départ récent de la Mutuelle Humanis Familiale, jusque-là la plus importante mutuelle du groupe paritaire. Créée en octobre 2012, l’UGM d’Humanis fédère désormais six mutuelles et cumule 650 millions d’euros de cotisations et un million de personnes couvertes.

Humanis n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. « Le but est d’avoir un pôle mutualiste de premier plan et nous avons des échanges informels avec d’autres mutuelles car toutes cherchent des alliés », annonce Jean-Pierre Menanteau, directeur général d’Humanis. « Nombre de mutuelles n’ont pas la taille critique, renchérit Jean-Paul Lacam, directeur général délégué du groupe. L’idée est donc de combiner des forces et d’apporter aux mutuelles des savoir-faire et des investissements qu’elles ne pourraient pas avoir seules. »

De nombreux projets

Né en janvier 2012 de rapprochements successifs - entre Vauban Humanis et Aprionis d’abord, puis avec Novalis Taitbout -, Humanis a déjà parcouru du chemin pour parfaire sa construction. Outre la création de l’UGM, le groupe a fusionné ses trois institutions de prévoyance interprofessionnelles. Il doit à présent s’atteler au rapprochement de ses institutions de retraite complémentaire Agirc et Arrco. « Notre agenda est simple : c’est la fusion, toute la fusion et la poursuite de notre développement », confie Jean-Pierre Menanteau.

De fait, le groupe regorge de projets pour prendre une nouvelle dimension sur le terrain de l’épargne et de l’assurance-vie. « Nous sommes moins puissants en épargne, concède Jean-Pierre Menanteau. Or nous avons la volonté de continuer à développer ce métier, notamment l’épargne salariale et en retraite. » Pour y parvenir, Humanis a décidé de multiplier les partenariats tous azimuts. Sa filiale d’épargne salariale Inter Expansion (2,6 milliards d’euros d’encours) va ainsi fusionner, d’ici à la fin de l’année, avec Fongepar, détenue à 100 % par CNP Assurances, pour créer une entité de plus de 4,2 milliards d’euros d’encours. « Après, nous mettrons en place la fusion opérationnelle avant de réfléchir aux prochaines étapes, précise Jean-Pierre Menanteau. Car nous avons de l’ambition en épargne salariale. » La même logique prévaut en assurance-vie (832 millions d’euros d’actifs gérés), Humanis rapprochant ses activités de celles d’Apicil dans une société commune qui pèsera 3 milliards d’euros d’encours. « Nous voulons poursuivre le développement de notre pôle épargne car il faut être capable d’offrir plus de solutions à nos clients », ne cache pas Jean-Pierre Menanteau, qui évoque aussi la société R2E constituée avec Axa en retraite supplémentaire et qui représente un enjeu majeur pour le groupe.

Humanis n’entend pas délaisser son cœur de métier, à savoir la santé et la prévoyance. Avec 1,9 milliard d’euros de cotisations en santé et un milliard d’euros en prévoyance, « nous avons déjà de belles positions sur le marché, estime Jean-Pierre Menanteau. L’enjeu est de savoir comment nous maintenons, voire augmentons, nos parts de marché ». Sans attendre, Humanis va rejoindre le réseau de soins et de services Itelis, dont Axa est actionnaire majoritaire, avec une minorité de blocage. « Dans les années à venir, nous allons continuer à développer des services, et le développement de cette plate-forme en santé constitue une étape importante, explique Jean-Pierre Menanteau. Nous voulons faire partie de ceux qui bâtiront la révolution des services qui va transformer le paysage de l’assurance santé et prévoyance. » Surtout, le groupe va pouvoir s’appuyer sur Adéis - un groupement paritaire de prévoyance dédié aux banches professionnelles créé en octobre avec Apicil, l’Ipsec et Ciprev - pour profiter à plein de la généralisation de la complémentaire santé en entreprises. Alors qu’il couvre 61 branches professionnelles représentant près de 280 millions d’euros de cotisations, Adéis ambitionne de doubler le volume de ses cotisations en cinq ans.

Si la France reste son terrain de jeu naturel, Humanis garde un œil attentif vers l’international où il couvre les salariés expatriés de ses entreprises clients. « Nous comptons bien nous développer à l’international par croissance organique et en trouvant de nouveaux partenaires », conclut Jean-Pierre Menanteau.

A lire aussi