HSBC en passe de rater ses objectifs de rentabilité pour 2013

le 17/11/2011 L'AGEFI Hebdo

Sur fond de résultats trimestriels en berne et de volonté de délocalisation, le groupe fait partie des victimes de l’agitation persistante des marchés financiers.

Les précautions oratoires sur le devenir du siège britannique de HSBC étaient de mise ce 9  novembre : attendue ce mois-ci, la décision ne sera prise que dans les douze à dix-huit prochains mois, a annoncé Stuart Gulliver, son directeur général. Le temps nécessaire, selon lui, pour comprendre les implications du projet de réforme financière contenu dans les recommandations de la Commission bancaire indépendante (ICB) britannique : « Nous ne sommes pas opposés aux nouvelles règles en matière de concurrence, et si les recommandations du rapport sont adoptées, nous ferons en sorte de restructurer nos opérations », a-t-il indiqué. Stuart Gulliver, qui commentait les résultats trimestriels du groupe, s’est montré en revanche beaucoup plus réticent sur la recommandation de l’ICB d’accroître sa capacité d’absorption des pertes au-delà du seuil minimal exigé pour les fonds propres des banques : « Cette mesure va nous contraindre à lever l’équivalent de 55 milliards de dollars de dettes dont nous n’avons pas besoin, ce qui va ajouter des coûts annuels jusqu’à 2,5 milliards par an », a-t-il souligné.

Hausse des créances douteuses

Cette éventuelle augmentation des coûts, pour des raisons réglementaires nationales, tombe au plus mal. Les résultats du troisième trimestre ont en effet déçu. De nombreux analystes estiment désormais que la banque n’atteindra pas les objectifs qu’elle s’est fixés en mai dernier dans le cadre de son plan de restructuration : HSBC, qui vise un ratio coûts/revenus compris entre 48 % et 52 % et un taux de rentabilité sur fonds propres (RoE) compris entre 12 % et 15 % à fin 2013, pourrait se contenter respectivement de 55 % et 10 %. La banque elle-même n’espère plus atteindre que « la fourchette basse » de ses objectifs de rentabilité.

Au-delà d’un ralentissement de la croissance de ses prêts en Asie sur le trimestre, HSBC a surtout été rattrapée par une progression importante du nombre de ses créances douteuses, inscrivant ainsi une provision de 3,9 milliards de dollars. Son portefeuille de prêts en voie de liquidation aux Etats-Unis a lourdement pesé sur l’ensemble : « En septembre, certains clients ont soudainement arrêté de nous payer, jugeant que cet arrêt ne conduirait pas à une saisie de leurs biens immobiliers », a commenté Iain Mackay, directeur financier du groupe. Si HSBC a décelé quelques signes de stabilisation en octobre, les analystes restent néanmoins pessimistes pour le proche avenir et jugent que les résultats obtenus cet automne ne s’expliquent pas uniquement par la saisonnalité.

La banque d’investissement affaiblie

Les recettes de la banque ont également souffert sur le trimestre en raison d’une évolution défavorable sur certains dérivés - non-qualifying hedges - mais aussi d’une faiblesse de l’activité de la banque d’investissement du groupe. Les revenus de la division GBM se sont ainsi contractés à 3,5 milliards de dollars sur le trimestre comparé à 4,5 milliards au trimestre précédent, conséquence de l’impact négatif des turbulences de la zone euro sur les secteurs du crédit et des taux de la banque.

Durant la période, le groupe a réduit son exposition à la dette souveraine de la Grèce, de l’Italie, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne à 5,5 milliards de dollars, contre 8,2 milliards au 30 juin. Quant à celle aux banques domiciliées dans les différents pays à risques de la zone euro, elle a atteint 8,2 milliards de dollars à fin septembre, avec les établissements italiens en tête des expositions, à 2,8 milliards. Des sommes tout à fait gérables, selon Stuart Gulliver qui a mis en valeur un bilan dépassant les 5.000 milliards de dollars. Reste que la banque n’est pas très optimiste : « Les perspectives pour l’économie globale restent difficiles dans la mesure où les problèmes des marchés développés commencent à affecter les taux de croissance dans le monde. » 

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