Groupama poursuit à marche forcée sa restructuration

le 19/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Après les cessions d’actifs, le groupe s’attelle à la réduction de ses effectifs chez Groupama SA et Gan Assurances pour retrouver les faveurs du marché.

La cure d’amaigrissement se durcit chez Groupama. Engagé dans un plan d’économies de 400 millions d’ici à 2014, le groupe mutualiste s’est résolu à passer un coup de rabot sur ses effectifs. Officialisé fin juin, le plan de départs volontaires en préparation chez Groupama SA, sa structure de tête, concernera finalement un maximum de « 171 postes » sans « licenciements économiques », a annoncé Thierry Martel, son directeur général, dans un courrier adressé au personnel. Une première dans l’histoire de l’assureur mutualiste qui va ainsi réduire de 10 % les effectifs de Groupama SA. En ajoutant les départs naturels (retraites, démissions…) prévus d’ici à fin 2014, ce sont près de 300 postes qui devraient disparaître à terme, soit 20 % des effectifs, selon des sources syndicales. « La structure de coûts en central de Groupama est trop élevée, avec une multiplication de directions transversales, remarque Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures. Il est donc assez raisonnable de s’attaquer aux économies. »

Coupes chez Gan Assurances

De fait, l’assureur entend « diminuer les coûts de fonctionnement de Groupama SA de 33 % sur la période 2012-2014 », a précisé Thierry Martel. Soit une économie de 166 millions d’euros, dont 42 millions au titre de la masse salariale (19 % de réduction sur 220 millions), selon les chiffres diffusés par le syndicat CFE-CGC. Cette structure accuse en effet un sacré déficit. Chez Groupama SA, « les recettes de l’ordre de 342 millions d’euros ne permettent plus d’assurer les dépenses estimées à 508 millions », avance l’organisation syndicale.

Les coupes claires sont toutefois loin d’être achevées. La direction de Groupama travaille en effet sur un plan de départs volontaires chez Gan Assurances concernant les personnels administratifs, cadres et non-cadres, présents sur l’ensemble du territoire. « Potentiellement, 200 postes sont concernés, soit 10 % des effectifs de Gan Assurances », selon un responsable syndical CFDT. Cette vaste restructuration pourrait prendre une tout autre ampleur avec la présentation, lors du comité central d’entreprise du 19 septembre, d’un plan de réorganisation chez Groupama Gan Vie, la structure dédiée à l’assurance-vie.

Ce nouveau tour de vis intervient après la décision de S&P de dégrader la note de l’assureur en catégorie spéculative (« BB »), assortie d’une perspective négative. Une sanction motivée par l’inquiétude de l’agence sur le niveau de fonds propres et la solvabilité de Groupama. « Nous ne sommes pas nécessairement d'accord avec cette dégradation alors que Groupama a récemment pris des décisions fortes pour améliorer sa marge de solvabilité », nuancent pourtant les analystes de CreditSights.

Réduction de périmètre

De fait, depuis plusieurs mois, la direction n’a pas ménagé sa peine pour restaurer un ratio de solvabilité qui avait chuté à 107 % fin 2011. Les récentes cessions des activités dommages de Gan Eurocourtage à Allianz France et de Groupama Seguros, sa filiale espagnole, à Grupo Catalana Occidente doivent en effet lui permettre de gagner respectivement 5,4 % et 10 % sur sa marge de solvabilité. « La direction du groupe fait ce qui doit être fait, notamment en cédant les activités particulièrement sensibles à la notation, estime Cyrille Chartier-Kastler. La réduction du périmètre était indispensable pour une compagnie qui a un problème de fonds propres, des fonds qui doivent d’abord servir le marché français. » Un périmètre qui devrait encore évoluer dans les mois à venir. Après la vente des activités transport de Gan Eurocourtage au suisse Helvetia, d’autres entités cherchent encore preneur : la succursale polonaise Proama, Groupama Private Equity et, surtout les activités au Royaume-Uni. Pour ces dernières, l’urgence est réelle. Selon le site d’information anglais Insurance Times, certains courtiers britanniques ont déjà décidé d’arrêter de placer des affaires ou de limiter leurs échanges avec la filiale anglaise de Groupama. Il faudra cependant attendre les résultats semestriels du groupe, publiés le 2 août prochain, pour savoir si l’assureur est réellement sur la voie de la guérison.

A lire aussi