Generali veut réduire une dépendance excessive à la vieille Europe

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

D’ici à dix ans, l’assureur transalpin souhaite réaliser 50 % de ses revenus dans les pays émergents d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique du Sud.

A l’issue d’une assemblée générale d’une rare quiétude, ce 28 avril, Gabriele Galateri ne boudait pas son plaisir. Arrivé il y a un an à la présidence de Generali après une révolution de palais, l’homme a en effet gagné son pari : pacifier les relations avec les actionnaires et administrateurs. La direction était, il est vrai, porteuse de bonnes nouvelles. Après un exercice 2011 marqué par un recul de 5,5 % de son chiffre d’affaires et une chute de 50 % de ses profits, Generali a démarré 2012 sous de meilleurs auspices. Alors qu’il doit publier ses résultats trimestriels le 11 mai, l’assureur a d’ores et déjà annoncé avoir engrangé 19,8 milliards d’euros de primes à fin mars, en progression de 6,1 % sur un an. Espérant des marchés financiers moins volatils qu’en 2011, le groupe anticipe même un bénéfice net de 1,5 à 1,8 milliard d’euros en 2012.

Expansion géographique

Définitivement débarrassé des errements de sa gouvernance, le Lion de Trieste entend désormais concentrer ses efforts sur son objectif prioritaire : accélérer sa diversification géographique par croissance organique pour réduire son « indépendance excessive à la vieille Europe », selon Giovanni Perissinotto, son directeur général. L’enjeu est crucial pour une compagnie qui réalise encore 72 % de ses revenus dans trois pays (Italie, Allemagne, France). Son ambition est désormais de réduire cette part à 50 % d’ici à dix ans, grâce à son développement dans les pays émergents d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique du Sud.

Generali ne part pas d’une feuille blanche. A fin 2011, ces marchés représentent 10 % de ses revenus totaux, contre 5,9 % en 2005, et 14,7 % de son résultat opérationnel, contre 3,6 % en 2005. Pour leur donner plus d’envergure, la compagnie mise en priorité sur les pays d’Europe centrale et orientale, qui représentent 5,7 % de son chiffre d’affaires (soit 4 milliards d’euros) grâce à sa coentreprise avec le groupe financier tchèque PPF. Mieux, « depuis 2008, le résultat opérationnel est passé de 40 à 500 millions d’euros », a observé Giovanni Perissinotto. L’assureur n’exclut d’ailleurs pas de racheter les 49 % de son partenaire à l’échéance de leur accord fin 2014. Une opération estimée à 2,5 milliards d’euros que le groupe veut financer « avec nos moyens propres, sans recourir à une augmentation de capital mais grâce à la génération de ‘cash-flow’ et en opérant des cessions », a précisé Giovanni Perissinotto, faisant référence à la vente de sa participation de 69,1 % dans l’assureur israélien Migdal pour 835 millions d’euros.

De l’appétit et de l’ambition, Generali n’en manque pas sur les autres continents. De fait, en Asie, après la Chine, l’Inde et l’Indonésie, l’assureur fonde de grands espoirs sur le Vietnam, où il a lancé une activité d’assurance-vie en 2011, sans dévoiler d’objectifs précis. De même, en Amérique du Sud, après le Mexique, Generali veut pousser les feux au Brésil. « Nos positions n’y sont pas adéquates, a reconnu Sergio Balbinot, codirecteur général. Nous devons donc réaménager nos produits et notre structure et trouver un partenaire fort. »

Réduction de coûts

Si les marchés émergents sont la pierre angulaire de son développement futur, l’assureur n’entend pas négliger les pays développés. « Nous avons besoin de bons résultats dans les pays mâtures pour investir dans les pays émergents », a indiqué Sergio Balbinot. La feuille de route est toutefois plus austère. Son objectif : améliorer sa rentabilité et sa productivité. Si le groupe compte jouer la carte de l’innovation pour fidéliser sa clientèle tout en investissant de nouveaux segments d’activité comme la prévoyance - dont les produits sont plus margés -, Generali entend maintenir une stricte discipline de souscription et, surtout, poursuivre sa politique drastique de réductions de coûts. « Les plans lancés depuis 2006 nous ont permis de réaliser 1,35 milliard d’euros d’économies de coûts, a souligné Giovanni Perissinotto. Ces efforts vont continuer. » A cet égard, l’informatique va être mise au régime sec, le groupe visant 150 millions d’euros d’économies dans ce domaine d’ici à fin 2103.

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