Generali France doit renforcer et rééquilibrer ses activités

le 10/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Eric Lombard, nommé le 3 octobre au poste de directeur général, va devoir relever un défi de taille : renouer avec la rentabilité.

Generali France va écrire une nouvelle page de son histoire. A compter du 28 octobre, Eric Lombard, ancien PDG de BNP Paribas Cardif (lire page 50), va s’installer dans le fauteuil de directeur général de la compagnie d’assurances, succédant ainsi à l’actuel PDG, Claude Tendil. A 68 ans, ce dernier ne tire pas totalement sa révérence. Il conservera la présidence non exécutive de Generali France et de ses principales filiales, un poste nouvellement créé. Après onze années aux commandes de l’entreprise, Claude Tendil lâche donc les rênes opérationnelles d’un groupe qu’il a façonné en fusionnant différentes entités, notamment Continent Assurances et une partie des activités françaises de Zurich.

Generali France ne perd toutefois pas au change. « Eric Lombard est un grand professionnel et un grand manager », souligne une source interne chez BNP Paribas. L’impétrant, qui entre aussi au comité de direction générale du groupe à Trieste, présente l’avantage de bien connaître les arcanes des grands groupes et d’avoir un profil international, alors que le groupe italien souhaite accélérer son développement en Chine, en Russie et dans les pays d’Europe centrale et orientale.

Trouver un second souffle

Pour la France, la nomination d'Eric Lombard témoigne de la volonté du groupe de « poursuivre le renforcement de sa présence sur l’un de ses trois principaux territoires d’activité ». Avec 13,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2012, la France pèse environ 20 % des primes du groupe transalpin, derrière l’Italie (29 %) et l’Allemagne (25 %). Or Eric Lombard va avoir un sacré défi à relever : redonner un second souffle à une compagnie qui accuse un certain retard par rapport à des concurrents tels Axa ou Allianz sur le sol français. Entre 2009 et 2012, Generali France a en effet vu son chiffre d’affaires passer de 16,7 milliards d’euros à 13,8 milliards, tandis que son résultat opérationnel a reculé de 754 à 680 millions d’euros entre 2010 et 2012. « La nomination d’Eric Lombard s’inscrit dans un contexte où le groupe formule aujourd’hui des exigences plus fortes sur la rentabilité de sa filiale française, note Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Fact & Figures. La priorité est donc d’améliorer sa rentabilité de manière significative. » L’enjeu est de taille. Entre 2008 et 2012, le groupe a réalisé en moyenne 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an pour un résultat net de 300 millions d’euros annuel en moyenne. Selon les calculs normés de Facts & Figures, Generali France a dégagé en 2011 un RoE (rentabilité des capitaux propres) de 6 %, contre 19,2 % chez Axa et 10,3 % chez Allianz. Pour redresser la barre, « Generali France va devoir travailler à l’optimisation de sa structure de coûts, un sujet peu évoqué en interne jusque-là », avance Cyrille Chartier-Kastler.

L’assurance-vie à la peine

Le nouvel entrant va surtout devoir se porter au chevet d’une activité d’assurance-vie à la peine. En 2012, Generali France a en effet subi 2,2 milliards d’euros de décollecte nette, après 2 milliards en 2011. A fin juin 2013, la situation n’est guère au beau fixe. Si sa collecte nette est redevenue positive à 95 millions d’euros, ses primes brutes ont en revanche reculé de 27,9 % sur un an.

En parallèle, Eric Lombard va devoir poursuivre les efforts de la compagnie pour rééquilibrer ses activités (L’Agefi Hebdo du 18 juillet 2013). Si le développement en prévoyance - activité phare de BNP Paribas Cardif - ne devrait pas constituer un obstacle majeur, il devra en revanche prendre à bras-le-corps un domaine qu’il connaît moins : l’assurance-dommages. Or cette branche d’activités figure au rang des priorités du groupe italien, souhaitant que sa contribution à son bilan soit plus importante à l’avenir. Enfin, si son expertise est saluée sur le terrain des partenariats et des relations avec les CGPI (courtiers indépendants), « Eric Lombard va devoir se confronter avec les agents généraux alors que de fortes tensions avec la compagnie se sont manifestées en 2012 sur des modalités de commissionnement », rappelle Cyrille Chartier-Kastler. Le nouvel homme fort de Generali France ne devrait donc pas chômer dans les mois à venir. 

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