Generali France accélère le recentrage de ses activités

le 18/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Outre la refonte de son modèle en épargne, l’assureur veut donner plus de poids à la prévoyance, à la santé et à son activité dommages.

Generali France accélère le recentrage de ses activités

Changement de braquet chez Generali France. Alors que l’assurance-vie reste de loin sa première activité (47 % de son chiffre d’affaires en 2012), la compagnie a entrepris une transformation en profondeur de son modèle en épargne. « Dans un contexte économique et financier difficile, toute l’activité d’assurance-vie est sous pression, résume Stéphane Dedeyan, membre du comité de direction générale de Generali France. Dans un tel environnement, il faut piloter en temps réel tout en repensant le modèle économique de l’assurance-vie, sinon nous sommes condamnés à subir la tempête. » L’assureur sait de quoi il parle. En 2012, il a subi 2,2 milliards d’euros de décollecte nette, après 2 milliards en 2011. La faute à une frange de clientèle qui s’est révélée particulièrement volatile. Résultat : ses marges sur affaires nouvelles (incluant la santé et la prévoyance) ont chuté en un an de 13,7 % à 12,8 %.

Les unités de compte prisées

Soucieux d’améliorer la rentabilité de ce métier, Generali France a donc pris le parti d’orienter plus massivement sa collecte vers les unités de comptes (UC) - dont les marges sont plus élevées - au détriment des contrats en fonds euros. « Nous avons déjà réduit la part de l’épargne en euros de 11 points, de 86 % à 77 %, note Stéphane Dedeyan. Dans certains réseaux, nous refusons des souscriptions de contrats 100 % euros. Désormais, nous donnons la priorité à la collecte en UC. » Une gageure alors que les épargnants se tiennent à l’écart de tels supports depuis plusieurs années.

Pour donner corps à son ambition, la compagnie a donc adopté une politique de souscription plus sélective et ciblée « sur la clientèle la plus stable et la plus fidèle », selon Stéphane Dedeyan. « Nous avons en effet constaté qu’une partie de notre clientèle était plus rentable car moins volatile et présentait une appétence plus importante aux UC, précise-t-il. Nous avons donc ciblé cette clientèle en priorité, en assumant les conséquences sur la collecte. » La démarche a porté ses fruits. A fin mars, sa collecte est revenue dans le vert, à 70 millions d’euros. Mieux, « en l’espace de six mois, notre taux d’UC à la souscription est passé de 16 % à 24 %, soit largement au-dessus de la moyenne du marché », indique Stéphane Dedeyan. De quoi redonner des couleurs à ses marges sur affaires nouvelles qui ressortaient à 14,4 % au premier trimestre, contre 12,6 % un an plus tôt.

Cette nouvelle orientation stratégique en épargne s’accompagne également d’un rééquilibrage de ses activités. De fait, Generali France entend se montrer plus offensif sur le terrain de la protection sociale. « Nous devons piloter la part accordée à l’assurance-vie (soit 68 %, NDLR) dans notre chiffre d’affaires d’assurance de personnes, ne cache pas Stéphane Dedeyan. Aujourd’hui, nous avons davantage intérêt à donner plus de poids aux activités dites de risque et de protection sociale - prévoyance, santé, retraite - qu’à l’épargne. » Avec plus de 1,9 milliard d’euros de revenus fin 2012, ces activités représentent en effet moins de 15 % du chiffre d’affaires global de Generali France. Une part que l’assureur souhaite voir augmenter rapidement, sans toutefois divulguer le moindre objectif en la matière.

A la manœuvre en assurance de personnes, Generali France n’en néglige pas pour autant ses activités dommages qui, avec 3,9 milliards d’euros, représentent 28 % de ses revenus. Présent auprès des particuliers, des professionnels et des PME, l’assureur souhaite désormais séduire les grands comptes. Comme pour la création, au niveau du groupe italien, de la structure Global Corporate & Commercial, la filiale française s’est dotée début juillet d’une direction dédiée, baptisée Global Corporate. « Nous visons un développement progressif en dommages grâce à cette partie grands risques, annonce Stéphane Dedeyan. Tout en ouvrant des possibilités supplémentaires à notre cible historique, à savoir les ETI, nous nous ouvrons sur le marché des entreprises de taille plus importante où nous pouvons offrir l’expertise internationale de Generali à nos courtiers et agents. Les synergies avec le groupe nous permettent de couvrir un spectre plus large et d’augmenter nos capacités de souscription. »

En parallèle, la compagnie a continué d'améliorer sa productivité. « Nous travaillons à réduire nos frais généraux à un rythme significatif mais sans conséquence sociale, confie le dirigeant. Nous jouons sur les départs naturels et nous adaptons nos investissements informatiques. »

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