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GDF Suez Trading vise le Top 3 européen du trading de l’énergie

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

L’entité issue de la fusion de Gaselys et d'Electrabel Trading veut doubler la contribution de ses clients externes.

Un an après l’annonce du rachat de la part de Société Générale dans Gaselys, GDF Suez se dote d’une plate-forme unique de courtage d’énergie. L’industriel vient de finaliser l’absorption de sa branche belge Electrabel Trading par sa filiale française Gaselys, contrôlée à 100 % depuis fin septembre. « Nous souhaitons figurer parmi les trois premiers acteurs du marché physique et financier de l’énergie en Europe, assure Pierre Chareyre, directeur général de la nouvelle entité, baptisée GDF Suez Trading. Le groupe s'estime déjà dans le Top 3 du gaz et le Top 5 de l'électricité, et annonçait il y a un an vouloir doubler de taille dans le courtage d’ici trois à cinq ans.

Le dernier exercice marque toutefois un point bas. Le chiffre d’affaires de GDF Suez dans le trading a fondu de 57 % à 146 millions d’euros. Chez Gaselys, le produit net bancaire (PNB) a reculé de 41 % à 138,7 millions d’euros, pour un résultat net de 50,1 millions d’euros (-57 %), du fait d’« un environnement économique difficile [et d’] un accroissement de la concurrence ». Le chiffre d’affaires d’EDF dans le courtage a seulement diminué de 24 % à 875 millions d’euros.

Outre les 302 millions d’euros versés à Société Générale pour le rachat de sa participation, GDF Suez a porté les fonds propres de son courtier de 300 millions à un milliard d’euros. Ce dernier veut s’appuyer sur les forces de ses deux parents. « Gaselys était une entité régulée sous statut bancaire permettant de vendre des services financiers à des tiers. Elle intervenait sur les marchés du pétrole, du gaz, de l’électricité et d’autres produits énergétiques (charbon, CO2...) pour GDF Suez, les clients du groupe et des clients externes, explique Pierre Chareyre. Electrabel Trading était un département intégré au 'trading and portfolio management' d’Electrabel, à qui il permettait d’optimiser ses actifs de production électrique. Nous disposons désormais d’une fenêtre unique sur les marchés. » La partie belge a acquis un statut de prestataire de services d'investissement et adopte progressivement le système informatique de Gaselys. « Notre plate-forme unifiée est opérationnelle depuis le 2 mai sur le pétrole et le charbon à Paris et à Bruxelles, indique le directeur général de GDF Suez Trading. Nous avons regroupé les 'desks' électricité, charbon et produits environnementaux à Bruxelles. Le pétrole et le gaz sont bi-localisés avec une prépondérance de Paris. Les deux plates-formes proposent l’ensemble de nos services, en matière de produits structurés par exemple. »

70 millions d’euros de revenus additionnels

Elles emploient désormais 400 personnes (dont 100 vendeurs et traders), contre environ 500 pour les deux entités antérieures, mais GDF Suez Trading assure ne pas avoir lancé de plan d’économies. Au lieu de reposer sur des économies d’échelle, « notre projet permettra 70 millions d’euros de synergies de revenus en année pleine grâce à notre capacité combinée d'interaction sur les marchés », précise son directeur général. Le courtier espère notamment augmenter les volumes d’échanges du pôle belge, jusque-là plutôt centré sur l’optimisation des capacités de production et de transport. Il veut aussi servir davantage de clients externes (distributeurs, industriels, banques...). Selon nos informations, GDF Suez Trading veut doubler leur contribution à son PNB, actuellement autour de 20 % et principalement chez Gaselys.

Ses équipes couvrent déjà la France, le Benelux, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, mais aussi la Scandinavie, la République Tchèque, l’Espagne et l’Italie. « Nous voulons développer notre bureau de représentation à Singapour pour accompagner les ambitions du groupe dans le gaz naturel liquéfié et le charbon en Asie », complète Pierre Chareyre. Avant de mettre le cap, peut-être dès 2012, sur les Etats-Unis.

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