Franfinance dématérialise totalement la souscription de crédit

le 03/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Le spécialiste du crédit à la consommation s’apprête à déployer une solution permettant la signature du contrat sur une tablette numérique sur le lieu de vente.

D’ici à juin 2012, Franfinance, la filiale de Société Générale spécialisée dans le crédit à la consommation, va généraliser son offre de contrat numérique à plus de 1.000 points de vente en France. Baptisé Demat’ +, ce projet permet aux vendeurs des différentes enseignes travaillant avec Franfinance de proposer à leurs clients de signer leur contrat de crédit à la consommation pour l’achat d’un bien directement sur une tablette numérique, le tout en moins de dix minutes. « Ce qui est original dans ce projet, c’est la dématérialisation de bout en bout, avec la numérisation des différents documents nécessaires à l’établissement du contrat, mais aussi la gestion électronique de ces documents, leur archivage dans un espace sécurisé et l’orchestration de l’ensemble des processus mis en œuvre, affirme Rémi Vécina, directeur du programme de dématérialisation au sein du groupe Société Générale. Cela a permis de diviser par deux le temps consacré aux tâches administratives par le vendeur. » Dans le contexte de l’entrée en vigueur de la loi Lagarde relative au crédit à la consommation en avril 2011, qui a complexifié la souscription de crédit dans les lieux de vente, avec un processus plus long et plus complexe, l’enjeu du projet est avant tout métier. « Nos premiers clients sont les enseignes, explique Gérard Touati, directeur général de Franfinance. Dans le cadre de cette loi, les vendeurs peuvent être amenés à imprimer jusqu’à quatre exemplaires du contrat de crédit : un pour le client, un pour le co-emprunteur, un pour le prescripteur et un pour le prêteur. On est ainsi passé d’une dizaine de pages à imprimer à 30, voire 50 pages. » Les vendeurs passaient donc une vingtaine de minutes en tâche administrative avec leurs clients contre dix auparavant, soit dix minutes de temps de vente en moins. « Le choix de nos clients se résumait à investir dans des imprimantes plus rapides ou perdre dix minutes en impression, renchérit Gérard Touati. Nous devions leur apporter une solution. » Aussi, dès le mois de mai 2011, décision est prise de mettre en place le projet Demat’ + avec l’objectif de débuter la phase pilote en fin d’année.

Identification et sécurisation

Concrètement, le projet Demat’ + fonctionne de la façon suivante. Sur un point de vente, le client est en face du vendeur. Une fois les documents scannés, le vendeur se connecte au portail Franfinance et met à jour les informations nécessaires pour le contrat qui est déjà sous forme numérique. L’application est reliée au système d’information de Franfinance, qui effectue le scoring et valide ou non le contrat. Le client relit le contrat sur l’écran d’une tablette numérique et appose sa signature sur la même tablette, fournit par Franfinance, ainsi que le scanner. L’application envoie alors, en temps réel, le contrat et les documents scannés à Dictao, un tiers de certification pour la signature électronique. Celui-ci renvoie un document PDF, validé et signé par le client. Le contrat est alors stocké dans un coffre-fort électronique, opéré pour le moment par un prestataire externe, Document Channel. Le client reçoit un SMS avec un code d’identification et une adresse URL sur sa messagerie électronique pour se connecter à ce coffre-fort, consulter et éditer le contrat. « L’ensemble du processus prend une dizaine de minutes et les seuls documents imprimés sont la convention de preuve et le formulaire de rétractation », souligne Rémi Vécina. Et le seul document papier signé par le client est la convention de preuve pour approuver la signature sur la tablette.

« Pour ce projet de dématérialisation, des applications existaient mais ne possédaient pas toutes les fonctionnalités nécessaires et ne permettaient pas une utilisation industrielle sur toute la chaîne de traitement dans cette situation particulière avec un vendeur face à un client sur un lieu de vente », précise Gérard Touati. Aussi, Franfinance, s’appuyant sur le laboratoire d’expérimentation du groupe, le Lab by Société Générale, a fait appel à la SSII (société de services en ingénierie informatique) Logica pour développer la brique logicielle, en langage java, permettant le dialogue entre le portail Franfinance, la solution de GED (gestion électronique de documents) reposant sur la technologie EMC Documentum, les systèmes d’information de Dictao et de Document Channel, ainsi que l’envoi du code d’authentification par SMS. Le portail de Franfinance, accessible en ligne pour les vendeurs des enseignes, a dû également être modifié pour proposer deux boutons, l’un pour dématérialiser et l’autre pour imprimer le contrat, le choix étant laissé aux clients. Pour les enseignes, seules quinze minutes d’intervention ont été nécessaires pour configurer les ordinateurs des vendeurs, s’assurer de la bonne version du navigateur internet et des bons pilotes pour le scanner. « Après quatre mois de phase pilote, entre novembre 2011 et mars 2012, 90 % des clients signent leurs contrats via la tablette, assure Gérard Touati. Ceux qui ne signent pas de façon électronique ne sont pas éligibles, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent pas de numéro de téléphone portable et/ou d’adresse de messagerie électronique. »

Bientôt en agence bancaire

Franfinance a décidé de réaliser ce projet en un délai très court - six mois - pour bénéficier de l’avantage du premier entrant. « Pour cela, nous nous sommes appuyés sur notre système d’information bien urbanisé, permettant des modifications fonctionnelles sans tout remettre en question, déclare Rémi Vécina. Nous avons eu recours à des méthodes de développement agiles, avec beaucoup d’itérations impliquant toutes les parties prenantes. Nous avons, enfin, eu recours à des solutions en mode Saas (Software as a Service, NDLR) pour bénéficier d’outils éprouvés et tout de suite opérationnels. » Franfinance s’appuie notamment, de façon transitoire pour gagner du temps, sur la solution de coffre-fort électronique de Document Channel, bien que le groupe Société Générale dispose d’une plate-forme de stockage reposant sur la technologie de l’éditeur américain EMC. Mais les fonctions d’horodatage indispensables pour l’archivage à valeur de preuve n’étaient pas encore disponibles. Elles sont en cours de développement car Société Générale compte bien internaliser cette fonctionnalité. Outre le temps gagné pour les vendeurs dans les enseignes, le projet demat’ + permet également de gagner en productivité sur le traitement des contrats en back-office. Le vendeur est en effet dans un processus guidé qui évite les erreurs, pièce manquantes ou mal attribuées... Les dossiers arrivant dans le système d’information de Franfinance sont complets. Aussi « nous travaillons sur une dizaine de processus à dématérialiser au sein du groupe Société Générale, que ce soit de l’assurance IARD ou certains actes de vente en agence, conclut Rémi Vécina. On peut même imaginer dématérialiser la signature d’un prêt immobilier, la technologie est disponible, le département juridique a validé le procédé. Il ne reste plus qu’à mener à bien la réflexion sur l’évolution des processus concernés et la conduite du changement ».

A lire aussi