L’avis de… Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon à Paris

« Une forte exposition aux dérivés de taux »

le 17/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelles incertitudes pèsent désormais sur Dexia ?

Dexia est très exposée aux dérivés de taux. Dans un contexte de baisse des taux, la banque a été contrainte de déposer un collatéral onéreux, de l’ordre de 30 milliards d’euros en cumulé à fin septembre, auprès des contreparties bancaires. Par ailleurs, Dexia s’est vu imposer cet été le rachat des 40 % de sa coentreprise espagnole détenue par Sabadell, qui a souhaité exercer son option de vente. La valeur de reprise n’a pas encore été communiquée.

Peut-on envisager des « surprises » positives ?

Le marché obligataire est actuellement très porteur, ce qui pourrait permettre à Dexia de céder de manière accélérée une partie de son portefeuille obligataire. Parallèlement, le groupe dispose d’une exposition significative aux pays périphériques de la zone euro (68 milliards d’euros à fin juin, dont 14 milliards aux souverains). Les fortes expositions à la dette souveraine de l’Italie (12,4 milliards d’euros) et du Portugal (1,1 milliard) devraient avoir récemment évolué dans le bon sens et atténuer les pertes latentes sur placements, dites « réserves AFS », dans les comptes du quatrième trimestre.

La banque peut-elle redevenir rentable ?

La réduction du coût de la garantie à 5 points de base par an permettra de réduire les pertes. Néanmoins, Dexia, restera déficitaire à moyen terme, en raison du poids important des actifs à faible rentabilité (prêts au secteur public local pour 108 milliards d’euros) et du coût de portage de ses actifs.

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