L'avis de... Alain Branchey et Philippe Lamaud, analystes chez Fitch Ratings

« Les fonds propres durs ne s’élèvent qu’à 4 milliards d’euros »

le 06/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi avez-vous abaissé la note de viabilité de Dexia de BB à B+ ?

L’environnement de marché s’est fortement dégradé depuis cet été et Dexia subit de ce fait une « double peine ». D’une part, le groupe est dépendant des marchés financiers pour son refinancement. Sur ses 96 milliards d’euros de besoins à court terme (à fin juin), 25 milliards ne sont pas sécurisés : leur renouvellement est potentiellement plus risqué. D’autre part, le contexte actuel risque de freiner les cessions d’actifs, donc la réduction du bilan de Dexia. Réduire ses besoins de refinancement s’avère dès lors difficile, mais le groupe est pleinement conscient de ces défis et met tout en œuvre pour les relever.

Comment êtes-vous arrivés à estimer son ratio de fonds propres durs à 3,1 % seulement à fin juin ?

Ce calcul, effectué selon la méthodologie de Fitch, reste purement théorique (avant l’application complète de Bâle III, fin 2018, NDLR). Les fonds propres durs réglementaires de Dexia atteignaient 13 milliards d’euros à fin juin mais ses fonds propres durs, tels que définis par Fitch, ne s’élevaient qu’à 4 milliards d’euros, en tenant compte notamment des réserves de réévaluations négatives liées aux actifs disponibles à la vente (AFS) qui représentaient près de 7 milliards d’euros à fin juin.

Dexia peut-il encore renforcer sa solvabilité ?

Le management a annoncé un ratio Tier one d’au moins 12 % fin 2011, contre 11,4 % à fin juin, principalement grâce à la poursuite de la baisse des risques pondérés. Mais les marchés anticipent désormais une décote de 50 % sur la totalité des portefeuilles de dette souveraine grecque. Cela coûterait 1,5 milliard d’euros à Dexia, soit environ 150 points de base de Tier one, mais son ratio Tier one resterait largement au-dessus du minimum réglementaire actuel de 4 %.

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