Entretien avec… Andrew Evans, directeur général du cabinet d’études et de recrutement Morgan McKinley

« Les fonctions de front-office ont considérablement souffert »

le 29/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Propos recueillis par Stéphanie Salti, à Londres

Comment analyser les tendances sur le front de l’emploi ces derniers mois à la City ?

Les banques ont procédé à des vagues de licenciements importantes ces derniers mois : certaines ont ciblé des unités bien précises tandis que d’autres ont préféré réduire leurs effectifs dans l’ensemble de leur établissement. Les fonctions de front-office ont ainsi considérablement souffert et on a aussi observé quelques réductions d’effectifs dans les métiers du middle-office. Par activités, le secteur des commodities (matières premières, NDLR) a été affecté négativement par la conjoncture économique et financière, à la différence des métiers du fixed income (taux et change, NDLR) et des actions, qui s’en sont relativement mieux sortis. De manière très générale, on a aussi constaté un rééquilibrage des métiers temporaires (intérim) au détriment des emplois fixes, avec un transfert de 10 % à 20 % de l’un à l’autre. En résumé, la tendance du recrutement dans la finance londonienne se situe un peu plus qu’à mi-chemin entre la crise de 2009 et le plein emploi des années 2006-2007. Les mois d’été ont été difficiles mais les deux premières semaines de septembre ont marqué une amélioration.

Quels sont les métiers ou les fonctions qui ont continué à embaucher ?

Il s’agit des mêmes que ceux qui ont montré un dynamisme ces deux dernières années comme les métiers du risque et de la conformité. Les banques s’intéressent aussi beaucoup à tous les métiers qui sont liés à la continuité d’activité (business continuity) : après le tremblement de terre japonais, beaucoup d’établissements ont en effet eu des difficultés à trouver un « hub » de remplacement pour reprendre rapidement leurs activités et ils sont en train d’y remédier.

Quelle est la tendance en matière de salaires ?

Il y a plusieurs écoles en la matière : certaines banques, à l’image de Goldman Sachs, ont souhaité réduire les salaires, d’autres ont baissé les taux de contrats de prestataires externes d’environ 10 %,tandis que d’autres encore ont mené des politiques de licenciements. Dans la majorité des cas, on observe néanmoins chez nos clients une volonté de retenir les hauts potentiels.

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