L'avis de... Cyril Meilland, responsable équipe recherche banques européennes chez Kepler Cheuvreux

Le financement aux collectivités territoriales n’est clairement pas un axe de développement

le 06/03/2014 L'AGEFI Hebdo

La mise en place d’activités comme le financement aux collectivités locales et de l’accession sociale à la propriété constitue-t-elle une opportunité de développement pour la Banque Postale ou plutôt une charge à assumer ?

Dans les deux cas, on lui a un peu forcé la main. Le financement aux collectivités territoriales n’est clairement pas un axe de développement. Les prêts accordés au secteur public local sont le plus souvent des crédits à long terme dont la marge est réduite car le risque afférent est supposé faible. Cette activité est d’autant moins intéressante pour la banque qu’elle ne récupère pas les dépôts de cette clientèle qui sont placés auprès de la Caisse des Dépôts. Si elle est bien contrainte de montrer sa bonne volonté, La Banque Postale a toutefois refusé de reprendre le stock de prêts de Dexia (et ainsi alourdir son bilan), jugeant sans doute, à juste titre, qu’elle avait mieux à faire avec ses liquidités. Concernant les prêts à l’accession à la propriété, les marges sont plus importantes mais la banque a déjà en portefeuille, et ce plus que les autres établissements de la Place, une clientèle à bas revenus. 

La Banque Postale montre un appétit certain pour développer son activité de crédits. Un positionnement à contre-courant de ses concurrentes…

C’est la conséquence de son histoire. Pendant longtemps, elle a été restreinte dans son activité de crédit (elle ne pouvait prêter seulement que dans le cadre de plans d’épargne logement). Vu l’excédent de dépôts dont elle dispose et le niveau auquel elle peut se financer, elle est en mesure d’accorder de nombreux prêts tout en étant compétitive. C’est tout l’avantage d’être une banque jeune, elle n’a pas à composer avec les risques du passé et le remplacement à taux plus faibles du portefeuille existant.

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