Rencontre avec... Jean-Pierre Viboud, directeur général du groupe Oney Banque Accord

« Un fichier positif améliorerait l’accès au crédit sans accroître le risque »

le 12/04/2012 L'AGEFI Hebdo

Vous avez augmenté votre activité de crédit en magasins. Celle-ci n’est-elle pas, pourtant, particulièrement impactée par la loi Lagarde ?

La loi Lagarde a en effet rendu plus complexe l’ouverture de crédits sur les lieux de vente. De fait, notre taux d’acceptation a baissé de 10 points. On ne peut donc que regretter l’absence de fichier positif en France. On estime que 40 % des Français n’ont pas accès au crédit à la consommation. Le projet existant de Registre national des crédits aux particuliers (RNCP) permettrait d’améliorer l’accès au crédit sans accroître le risque. Nous avons pu observer au Portugal, où ce genre de fichier existe, un coût du risque inférieur à celui de la France en 2011, malgré la situation bien plus difficile du pays.

Peut-on vraiment développer le crédit sans générer plus de surendettement ?

La loi a redonné au crédit renouvelable son usage de départ : régler de petits montants de façon ponctuelle. Elle a de ce fait réduit les volumes de prêts accordés. Pourtant, le surendettement n’a pas baissé. Si l’on veut combattre celui-ci, le RNCP constitue un outil majeur permettant d’éviter l’empilement des crédits et de réduire le surendettement.

Certains craignent qu’il soit utilisé à des fins commerciales...

La Commission nationale de l’informatique et des libertés est réservée. Pourtant, le surendettement représentait 6 milliards de dettes en 2010, dont 5 milliards de dettes bancaires. Les groupes bancaires qui possèdent des filiales spécialisées ont de fait des fichiers recoupant les informations de leur réseau et de leur entité de crédit. C’est un avantage concurrentiel. Or le projet existant prévoit une limitation de l’accès au fichier, qui serait géré par la Banque de France, et l’interdiction d’un usage marketing, avec des sanctions associées.

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