Le « factor » de La Banque Postale commence sa tournée

le 02/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Forte d'abondantes liquidités, la filiale bancaire de La Poste prend une place à part entière dans l’affacturage pour compléter sa gamme de crédits.

La planète financière n'avait pas connu cela depuis quinze ans ! La Banque Postale crée une société d’affacturage (factor) ex nihilo, qui vient compléter sa palette de produits de financement patiemment élaborée depuis 2009. Début septembre 2011, sa filiale, La Banque Postale Crédit Entreprises, a obtenu l'agrément de l'Autorité de contrôle prudentiel et reçu l'autorisation de commercialiser ses premières offres de crédits destinées aux personnes morales (crédit-bail mobilier). Début 2012, elle a commencé à les proposer à ses clients de l'économie sociale (avances sur subvention et facilité de caisse). Et à la rentrée dernière, Philippe Wahl, président du directoire, a annoncé le lancement d’une offre d'affacturage pour la fin de l'année. Avec quelque mois de retard (il fallait parfaire tous les tests informatiques), c'est finalement au début de ce mois de mars que la filiale bancaire du groupe La Poste a effectivement débuté dans le métier. Avec la volonté d'entrer dans la catégorie des « facilitateurs » d'économie et de devenir prêteur en direct auprès des corporates.

« Nous voulons devenir un ‘factor’ généraliste à part entière, élargir la cible de nos clients 'entreprises', leur offrir une gamme de produits complète et le faire grâce à une activité adossée à des actifs pour mieux sécuriser l'opération », commente Franck Dubois, directeur Affacturage à La Banque Postale, ancien directeur des ventes France chez Eurofactor et ancien directeur commercial France chez GE Factofrance qui a accepté la mission de lancement. Des expériences pilotes sont en cours à Paris et à Lyon. Cinq contrats ont été signés par la nouvelle entité. Le déploiement national aura lieu au cours de l'été.

Une cible plus large

Lors de la mise en œuvre, La Banque Postale a décidé de sous-traiter la part de l'activité qui présente le moins de valeur ajoutée : encaissement, recouvrement de créances... « Au premier semestre 2012, explique Franck Dubois, nous sommes entrés en contact avec les principaux ‘factors’ et assureurs crédit de la place pour leur faire part de notre intention de nous adosser à une entité existante. Comme l'avaient fait d'ailleurs, en leur temps, un certain nombre de nos confrères. A ceci près que nous n'avons pas souhaité créer de coentreprise avec notre partenaire. Nous voulions nous placer dans une simple relation de sous-traitance et porter, d'entrée de jeu, 100 % de nos financements et de nos risques. » Au cours de l'été 2012, le choix s'est dirigé vers CM-CIC Factor qui utilise un outil exploité par plusieurs grands acteurs du marché. « Aujourd'hui, poursuit Franck Dubois, celui dont nous disposons n'est pas un produit de niche. Il est comparable à celui de nos confrères. Il nous permet de couvrir les besoins de notre clientèle qui va de la TPE (très petites entreprises, NDLR) réalisant 500.000 euros de chiffre d’affaires ou moins jusqu'au grand compte de 500 millions et plus. Et de convaincre de nouveaux clients. »

Croissance à l’export

Si l'on exclut les associations de ses quelque 440.000 à 450.000 clients, La Banque Postale compte environ 110.000 entreprises - 300 grands comptes, 80.000 TPE (moins de 1,5 million de chiffre d'affaires) et 30.000 PME (entre 1,5 et 500 millions de chiffre d’affaires) - auxquelles elle propose une gamme de produits : affacturage au forfait pour les TPE, affacturage classique (domestique et/ou export), modulable et confidentiel pour les PME, enfin affacturage confidentiel domestique et export, syndication et reverse factoring pour les grandes entreprises. « Nous avons également mis en place un partenariat avec la Coface pour tous types de créances, y compris à l'export, car la croissance de l'affacturage se fait aujourd'hui de manière assez significative à l'export », commente Franck Dubois. Son objectif : augmenter la part de marché de la banque auprès des clients existants chez qui leur offre de financement restait encore minoritaire faute d'une gamme complète à leur proposer. Et grâce à cette nouvelle activité, partir à la conquête de cibles nouvelles.

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