L’avis de Laurence Suprano, directrice associée d’Axys Consultants

« Eviter les refontes coûteuses et incompatibles avec la date butoir »

le 21/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi la migration au SDD (prélèvement Sepa) a-t-elle pris autant de retard ?

Contrairement au virement Sepa ou SCT, le SDD doit être abordé comme un projet métier touchant aux processus de l’entreprise et pas seulement comme un projet purement technique. La réglementation Sepa est connue depuis longtemps, l’alerte a été donnée très tôt par les trésoriers d’entreprise mais il a fallu du temps avant que les directions ne réalisent que cette migration allait au-delà de la technique et qu’elle impliquait également les directions commerciales, juridiques… La complexité tient ainsi à ce que le SDD touche toute la chaîne de valeur dès l’amont de la contractualisation avec les clients jusqu’au recouvrement. Alors que le SCT a permis de gagner un jour sur les délais d’encaissement, le SDD est surtout considéré comme porteur de risques.

Quels risques ?

La réglementation Sepa renforce les droits du client et induit une forte volatilité sur les encaissements car les clients pourront contester les paiements jusqu’à 13 mois après leur exécution. L’enjeu de la migration pour les entreprises est de mettre sous contrôle la gestion de leurs encaissements et ainsi de maîtriser leur chiffre d’affaires.

Le changement fondamental lié à la gestion du mandat de prélèvement, qui est désormais de la responsabilité du créancier, implique de revoir le processus de contractualisation avec les nouveaux clients, mais aussi d’informer les clients en portefeuille du passage à ce nouveau moyen de paiement. Or, beaucoup de créanciers craignent que les clients dénoncent le mandat et préfèrent ne pas attirer leur attention sur le sujet. Les stratégies de communication clients sont ainsi très différentes.

Quelles sont les questions à trancher pour avancer vite désormais ?

Il est nécessaire d’avoir une conception claire de son processus cible, de mesurer les impacts sur l’organisation interne de l’entreprise et sur son système d’information pour identifier les bons leviers. Les modalités de facturation doivent évoluer, de même que le recouvrement, il faut aussi former les commerciaux pour qu’ils soient en mesure d’expliquer le changement aux clients, l’entreprise doit également opter pour la gestion des mandats en interne ou en externe. Viennent ensuite les choix techniques selon les capacités de chaque système d’information mais il faut éviter les refontes longues et coûteuses incompatibles avec la date butoir.

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