L'avis de... Dieter Hein, analyste bancaire et partenaire du groupe Fairesearch

« Entamer l'année sur de nouvelles bases »

le 07/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Deutsche Bank a terminé l’année 2012 sur une lourde perte. Comment interprétez-vous ce bilan ?

Tout d’abord, la banque avait déjà averti en décembre que le quatrième trimestre allait être mauvais. Deutsche Bank est en pleine restructuration. Ses deux dirigeants Jürgen Fitschen et Anshu Jain veulent débarrasser l’établissement de toutes les charges du passé. Cela implique une réduction des actifs à risques et des suppressions d’emplois, ainsi que la volonté de mettre fin à cette avalanche de litiges, également héritée du passé, qui coûtent cher et ternissent l’image de Deutsche Bank en Allemagne. La direction a donc regroupé tous ces dossiers dans le bilan du dernier trimestre pour entamer la nouvelle année sur de nouvelles bases.

Le groupe a-t-il besoin d’une recapitalisation ?

Pour l’instant, cela ne me semble pas nécessaire parce que Deutsche Bank est parvenue à dégager quelque 8 milliard d’euros en cédant des actifs à risques. Mais si les Etats-Unis exigeaient de capitaliser davantage les filiales des banques étrangères, comme cela se discute actuellement, Deutsche Bank ne pourra plus éviter de faire appel au marché.

Pensez-vous que la banque pourra réellement se doter d’une nouvelle culture d’entreprise ?

L’un des codirigeants, Anshu Jain, vient de la banque de financement et d'investissement (BFI) et son président du conseil, Paul Achleitner, est un ancien de Goldman Sachs. Comment voulez-vous, avec ces personnages, endiguer la domination de la BFI au sein du groupe ?

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