L'avis de… Marc-Philippe Juilliard, directeur senior chez Fitch Ratings

« En vie, le redressement des marges est le principal sujet d’Axa France »

le 11/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi avoir placé Axa et ses filiales sous perspective négative ?

Dans le contexte économique et financier actuel, nous estimons que le groupe affiche une rentabilité certes satisfaisante mais qui doit être améliorée. En outre, Axa a un niveau de survaleurs (goodwills) qui n’est pas négligeable, ce qui contraint la compagnie à avoir une rentabilité élevée. Par ailleurs, son niveau d’endettement se situe dans le haut de la fourchette pour des groupes que nous notons en catégorie « AA ». Enfin, son activité aux Etats-Unis constitue un sujet de préoccupation, en particulier le segment des variable annuities qui a occasionné des pertes d’ampleur significative pour la compagnie.

Dans ce contexte, quels sont les défis que doit relever Axa France ?

En assurance-vie, le principal sujet concerne le nécessaire redressement des marges dans ce contexte de taux d’intérêt bas. A cet égard, Axa France a su faire preuve d’innovation en proposant des contrats multisupports dans lesquels le rendement du fonds euros est ajusté en fonction du pourcentage d’unités de compte souscrits. C’est une manière astucieuse d’encourager les épargnants à placer leur argent sur ce type de supports qui offrent des marges plus élevés à l’assureur. En outre, alors que les marchés financiers sont défavorables, la compagnie doit se tourner davantage vers des activités où la rentabilité est déterminée par l’équilibre de la souscription, sans prendre en compte les revenus issus des placements financiers. Il s’agit de la prévoyance, où Axa a une place privilégiée sur le marché, mais aussi de l’assurance-dommages où sa position est également très significative.

La perte de clients en dommages chez Axa France vous inquiète-t-elle ?

A l’image du groupe, l’objectif n’est pas d’engranger de la prime à tout prix, mais de concentrer ses efforts sur la rentabilité des activités. On comprend alors mieux la discipline que s’impose Axa France pour qui une affaire qui ne permet pas d’atteindre le niveau de rentabilité souhaité n’est pas prioritaire. L’amélioration notable des résultats techniques au cours des dernières années illustre cette politique d’arbitrage dans les affaires souscrites.

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