En France, Visa Europe va davantage ouvrir son champ aux entreprises

le 30/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Services et technologie sont adaptés aux professionnels pour lesquels une solution d’acceptation de paiement mobile sera proposée en mars.

Il y a maintenant autant de cartes Visa en circulation que d’habitants en Europe. » A brûle-pourpoint, l’affirmation du nouveau patron de Visa Europe, Nicolas Huss, en fonction depuis octobre 2013, est saisissante. Bien sûr, la répartition par pays n’est pas harmonieuse, mais le fait est que Visa Europe revendique 500 millions de cartes. Pour la première fois en 2013, elles ont aussi franchi le montant symbolique de 2.000 milliards d’euros de transactions et retraits. En France, deuxième marché de l’association (lire L’Agefi Hebdo du 24 janvier 2013), les flux s’élèvent à 328,6 milliards d’euros (dont 248,2 milliards d’euros dépensés chez les commerçants), en hausse de 5 % malgré l’absence de croissance.

Au-delà de nouvelles conversions de paiements aujourd’hui réalisés en liquide ou par chèque, la branche française de Visa envisage de mordre sur l’activité d’autres opérateurs. « Nous avons dépassé les 60 % de part de marché parmi les cartes bancaires, se flatte Gérard Nébouy, executive director de Visa Europe France. Notre ambition à deux ou trois ans est de parvenir à 70 %. » Or c’est sur le segment des entreprises qu’elle a le plus de marge de manœuvre. Sur 39 millions de cartes Visa dans le pays (+6,7 % par rapport à 2012), 2 millions seulement sont en entreprises – dont 1,5 million de cartes « Business » destinées aux PME.

Selon Gérard Nébouy, ce dernier segment constituerait un gisement de 15 millions de porteurs, mais la volonté de l’exploiter n’est pas nouvelle et les résultats peu probants (voir le tableau). Comme pour la clientèle haute de gamme de particuliers, Visa Europe mise donc sur les services et la technologie. Ainsi, la carte Visa platinum business a été lancée en 2013, avec Banque Populaire d’abord. Dotée notamment de la première application dédiée aux services de conciergerie pour les entreprises, outre les services habituels (plafonds personnalisables, choix de la date d'arrêté des comptes, relevé au format note de frais, etc.), elle propose des alertes SMS ou une assistance téléphonique multilingue pour les porteurs. Les transactions peuvent alors être automatiquement intégrées dans les logiciels de notes de frais, ou les dépenses limitées à certaines typologies. Avec la crise, ce genre d'outils est en effet préféré aux avances de fond, selon les études du spécialiste American Express.

Nouvelle opportunité de marché

Parallèlement, un professionnel sur deux n’acceptant pas la carte en règlement de ses prestations, alors que 64 % sont équipés d'un smartphone, Visa Europe a développé une solution d'acceptation mobile, mPos (mobile point of sales). Sa branche française estime que c’est « une nouvelle opportunité de marché pour permettre à des PME d'accepter la carte bancaire en utilisant leur mobile. Les bénéfices en sont la rapidité, la simplicité d'utilisation et la facilité de trésorerie ». Selon elle, 50 % des professionnels pensent qu'ils pourraient augmenter leur chiffre d'affaires ainsi équipés par leur banque. Ce « mPos » devrait être lancé en mars prochain.

Convaincue que le sans contact représente l’avenir, Visa ne délaisse pas les particuliers. En France, avec Orange, elle lance la première solution de paiement mobile prépayé intégrant la technologie sans contact Visa, pré-chargée sur toutes les cartes Sim NFC (near field communication) de l’opérateur téléphonique : Orange Cash. Elle porte en outre beaucoup d’intérêt au portefeuille digital. Sa solution V.me devait d’ailleurs être un des éléments de la communication des Banques Populaires et Caisses d’Epargne du 28 janvier, avec leur dernière innovation dans le domaine des paiements – leur solution d’acceptation de paiements mobiles…

A lire aussi